Sytèmes intégrés de gestion ISO 26000

 

Mise en oeuvre des systèmes intégrés de gestion selon ISO 26000

Luxembourg Senior Audirors en association avec l’UCL (IAG)

sustainability management system

La mondialisation peut donner aux entreprises diverses possibilités de se soustraire à leurs obligations, à cause notamment de l’affaiblissement du rôle du secteur public et de la dissociation des lieux de production et de vente. Malgré une intensification des échanges scientifiques et commerciaux notre société mondialisée est restée incapable de résoudre de graves problèmes de santé (amiante, tabac, alcool, obésité,  malaria, retour de certaines maladies comme la tuberculose) qui mettent gravement en question les équilibres de cette même société. En réponse à ces nouveaux défis, la norme ISO 26000 mettra en place une nouvelle éthique de la responsabilité en conjuguant les préoccupations environnementales (pollution, climat et capital naturel, consommation durable) à celles de gouvernance, droits de l’homme, emploi et qualité de travail, bien-être et capital social, relations commerciales et protection des consommateurs, droits des populations locales.

Cette norme ISO 26000 permet d’étendre aux entreprises des pays en voie de développement le respect des droits humains. Les conventions internationales du travail, les travaux de l’ONU et de l’OMS, établissent des repères utiles aux quatre coins du monde. La norme ISO 26000 s’en inspire. Si elles veulent opter pour la lutte contre la pauvreté et la défense de la dignité et diversité humaine, les entreprises et les organisations peuvent apprendre comment se réformer sans se détourner de leurs responsabilités et comment décider de ce qui est socialement responsable. Ceci implique parfois de s’abstenir d’effectuer certaines activités parce que c’est une bonne chose d’agir de la sorte. Il s’agit surtout de se donner les moyens de mieux comprendre les impacts d’une décision sur l’homme et la société. Ce modèle d’apprentissage agit sur l’entreprise/organisation à tous les niveaux de pouvoir et dans ses fonctions d’employeur, d’autorité de gestion, de fournisseur et de consommateur.

La responsabilité d’entreprise est considérée aujourd’hui par les institutions internationales et par un grand nombre d’acteurs (grands groupes d’industriels et de manufacturiers, ONG, syndicats, certificateurs…) comme le fondement des règles devant prévaloir dans les échanges industriels et commerciaux mondiaux d’ici la fin de cette décennie. Rencontrer cette préoccupation nécessite de changer les modes de gestion des entreprises. Il n’est pas question uniquement que les entreprises intègrent des préoccupations sociales et environnementales dans leurs activités mais de développer de nouveaux modes de gouvernance socialement responsables. La norme offre aux entreprises et aux organisations un cadre de référence afin qu’elles puissent évoluer en adoptant une approche systémique qui intègre les nouvelles dimensions du bien-être dans un but de prévention des risques vis-à-vis de l’environnement naturel, des travailleurs, des consommateurs et des populations locales.

L’homme au centre de la société.

La norme place la revitalisation des ressources humaines et le développement de la société au centre de cette culture. Elle instaure un processus de construction auto-organisée de règles et de procédures. Elle va dans le sens d’une reconnaissance formelle du droit des parties prenantes à être entendues. Au travers d’un programme de dialogue, de concertation et de collaboration, le dirigeant doit se référer aux attentes des parties prenantes et leur rendre compte. Ainsi par exemple, un dirigeant ne peut s’affranchir de prendre l’avis des travailleurs avant de décider car ce sont eux qui font que l’entreprise est. La norme vise à augmenter les responsabilités et à réduire les contrôles.

Cette approche volontariste du dialogue élargi veut doter la réalisation du progrès de finalités tournées vers des valeurs, des convictions, une vision du monde et du bien. Ceci suppose un changement profond de la culture d’entreprise qui préfigure la possibilité d’un renforcement de la capacité des acteurs privés à faire évoluer leurs modes de gestion et à démocratiser les processus de création de richesses, de décision et de prise de risques au sein de notre économie.

Dans cette approche, les attentes sociétales sont légitimées grâce au processus participatif et au débat mis en place dans les entreprises qui se voient dès lors bousculées dans leurs modalités habituelles de décision. Cette nouvelle forme de gouvernance signifie une capacité collective des acteurs à gérer les incertitudes. Ce sont les contraintes de la dynamique partenariale qui stimulent les actions et les décisions dans le sens d’un intérêt sociétal. Chaque partenaire doit pouvoir identifier ses idées et ses choix dans la décision finale, ce qui charge les décisions de sens commun. Ce processus participatif va au-delà de la simple consultation et met en place des mécanismes de coproduction de projets voire de codécision pouvant s’étendre au mode de gestion.

Faire triompher des solutions meilleures et à moindre prix

Dans cette démarche d’éthique appliquée l’entreprise affirme son rôle sociétal et place ses valeurs au cœur des affaires pour parvenir à un idéal de justice interne pouvant rejaillir à l’extérieur de l’entreprise. La responsabilité d’entreprise ne peut en effet pas se concevoir sans bénéfices pour la collectivité. La démarche  permet à l’entreprise de jauger ses performances sociétales internes et externes, de confronter son expérience acquise à ses limites financières, technologiques, humaines… et de corriger les défaillances en vue de progresser. Ce faisant, l’entreprise ou l’organisation renonce à un profit immédiat issu d’économies réalisées aux dépens de travailleurs et de l’écologie en vue d’engranger un bénéfice ultérieur plus important issu d’une bonne réputation et d’un bon climat social.

De nombreuses menaces pèsent aujourd’hui sur les entreprises, notamment en ce qui concerne le sens et la qualité du travail. Le sort des travailleurs âgés, les nouvelles maladies (TMS), les facteurs de démotivation et de stress, les tensions liées au port du voile et à l’usage des GSM sur le lieu de travail, la consommation de tabac, médicaments, drogues, l’équilibre vie privée/vie professionnelle, le statut des intérimaires de longue durée, le droit à la formation, l’insécurité physique, mentale et sociale, la « domestication » du travailleur … sont autant de questions qui appellent des nouvelles formes de compromis. Le manque de réconfort et de reconnaissance au travail et l’absentéisme qui en découle sont aussi des facteurs de coûts cachés qu’il convient d’éviter afin de faire triompher des solutions meilleures et à moindre prix.

Le principe de proximité entre le lieu de production des matières premières et celui de fabrication voir de consommation contribue également à mettre en place des solutions à moindre prix.

Une communication précise, argumentée et cohérente

La communication est une composante importante des systèmes intégrés de gestion. L’entreprise qui joue le compromis avec les parties prenantes s’offre des chances de comprendre l’impact de ses décisions et partant de renforcer l’efficacité de sa communication.

Une démarche visant à mettre en exergue quelques produits ou services fabriqués de façon éthique et à les labelliser est facilement compréhensible par le consommateur mais elle correspond à des initiatives au cas par cas, pour quelques produits ou services seulement, et autorise les entreprises à s’affranchir d’une responsabilité plus globale qui touche la culture, le mode de gestion et l’ensemble de leurs activités. Par contre, une démarche intégrée prend en compte l’ensemble des critères de qualité environnementale et sociale. Mais dans ce cas, il est vrai que les critères d’évaluation sont plus difficilement comparables et la visibilité de la démarche auprès des consommateurs et des parties prenantes est moins directe.

Le reporting est encouragé dans la norme ISO 26000. Il vise à promouvoir l’entreprise, ses produits et son mode de gestion. Il s’agit d’une forme de communication non publicitaire subordonnée à certaines modalités de contrôle. Un des référentiels couramment employés à cette fin est le Global Reporting Initiative (GRI-2005)

Le système de contrôle se définit par la présence des éléments suivants :

  1. Un détecteur qui informe sur ce qui se passe réellement dans le processus contrôlé. La norme ISO 26000 peut jouer ce rôle car c’est un outil qui permet de mesurer l’engagement social et environnemental dans l’entreprise.
  2. Un expert qui compare les réalisations de l’entreprise avec la norme et les objectifs à atteindre. Il compare la situation réelle avec la situation désirée. Il peut y avoir plusieurs experts : un évaluateur interne désigné par l’entreprise et un évaluateur externe qui contrôle l’application de la norme et la crédibilise.
  3. L’entreprise corrige son comportement de commun accord avec les parties prenantes .

Le réseau de communication favorise le feedback et permet la circulation de l’information entre l’entreprise et les parties prenantes. Les  signaux que l’entreprise envoie se composent d’informations et actions vraies, contrôlables et non manipulables, aptes à transmettre un savoir aux parties prenantes et à modifier ainsi leurs croyances sur l’entreprise; ils sous-tendent la confiance et permettent à l’entreprise de se différencier de ses concurrents.

Le consommateur est bien entendu un acteur prioritaire. Une fois que l’entreprise a informé le consommateur sur la qualité écologique et sociale de ses produits et sur son mode de gestion, elle peut mesurer l’impact de cette information sur le marché via la décision d’achat ou de non achat du consommateur. Cette dernière renvoie donc une information à l’entreprise qui sait alors si son action est appréciée ou non. Cette information agit comme un signal ou un élément de preuve.


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