Clinton et Ben Laden en Bosnie

  Bill Clinton et Ben Laden en Bosnie.  La guerre des Balkans est sans doute un des meilleurs exemples de la manipulation massive que les media réussissent. Il est certain que les Serbes ont commis des atrocités, mais parvenir durant des années à présenter les Bosniaques, les Albanais et les Croates comme victimes innocentes était une gageure. Cette peinture en noir et blanc est loin de correspondre à la réalité. Le premier à mettre en doute la version médiatisée des faits fut le professeur Cees Wiebes[i] chargé d’une enquête officielle sur des massacres de Srebenica. Il démontre que ce sont les interventions maladroites des occidentaux qui ont mis le feu aux poudres, les Allemands en reconnaissant prématurément l’indépendance de la Croatie et de la Slovénie, et les Américains en soutenant massivement les musulmans de Bosnie. En le faisant, ils mettaient les Serbes à la merci d’ennemis surarmés. Les Américains au début de la guerre des Balkans avaient pris parti pour les Musulmans bosniaques, pour plusieurs raisons. La victoire sur les Russes grâce à  l’alliance avec les islamistes en Afghanistan leur faisait croire que ces alliés, bien que fondamentalistes et encombrants, leur pouvaient être utiles sur d’autres terrains, en Tchétchénie, au Yémen par exemple. Dans les Balkans également où les Russes alliés aux Serbes restaient l’ennemi. La guerre froide n’était pas loin et laisser les Russes accroître leur domaine déclanchait encore au Pentagone des mécanismes guerriers. Et Clinton pouvait faire cavalier seul dans les Balkans, la CIA était dans ses petits souliers après l’Irangate.  C’est l’Administration Clinton qui avait donné le feu vert[ii] pour les envois d’armes iraniens en Bosnie à travers la  Croatie. Le président bosniaque Alija Izetbebovic avait visité Téhéran en octobre 1992 pour mettre au point ce trafic. Ben Laden avait reçu un passeport bosniaque. Selon une commission d’enquête du Congrès américain, la Croatie pouvait prélever 25% au passage. D’autres  avions en provenance du Soudan atterrissaient à Maribor. Une association caritative turque utilisait même les camions de la Caritas allemande pour acheminer les armes en Croatie.  N’oublions pas que ces envois d’armes étaient une flagrante violation de l’embargo décrété par la résolution 713 des Nations-Unies. Bill Clinton achetait des armes en Iran à une époque où les Etats-Unis étaient en conflit ouvert avec ce pays et soutenaient l’Irak . De faire cavalier seul contredisait également les principes de l’OTAN. Le 10 mai 1993 les Ministres des Affaires Etrangères européens s’étaient réunis à Bruxelles et manifestaient clairement leur désaccord à l’égard de fourniture d’armes aux musulmans. N’empêche,   à la fin de la guerre les avions Hercules américains participaient eux-mêmes au transport des armes. Les soldats de la SFOR (force de stabilisation de l’OTAN) les ont vus à plusieurs reprises atterrir la nuit à l’aéroport de Tuzla. Ces boulots douteux étaient évidemment confiés à des sous-traitants de l’armée américaine. On dit même que ces sociétés de sous-traitance américaines formaient les bosniaques aux techniques d’interrogation et de torture. La décapitation des prisonniers n’est pas une technique nouvelle apparue en Irak. Elle était pratiquée à large échelle en Bosnie, au vu des Américains. Les troupes françaises présentes à Sarajevo ont vu des soldats bosniaques musulmans tirer de façon délibérée sur des civils.[iii]  On sait aujourd’hui que plusieurs explosions sur le marché et dans les rues de Sarajevo étaient dues, non pas à des grenades serbes en provenance des collines environnantes, mais d’explosifs mis en place par les Mujahedines[iv]. Amenant Madeleine Albright à déclarer «  Il est presque incroyable qu’un pays puisse infliger de tels massacres à ses propres citoyens »[v].  Peut-être qu’un jour on saura également que certains attentats à Londres, Madrid, New-York, Beyrouth étaient perpétrés par d’autres que ceux qu’on nous avait montrés à la télévision. En 1995 les Etats-Unis envoient 20 000 soldats en Bosnie pour mettre fin aux massacres ( 250 000 tués) et stopper une machine de guerre qu’ils avaient eux-mêmes financée. Les fondamentalistes musulmans de tout bord avaient entre-temps pris pied en Bosnie, en provenance de l’Iran, de Brunei, de Malaisie, du Pakistan, d’Arabie Saoudite, de Tchéchénie, du Yemen du Soudan et de Turquie. Les Algériens et les Afghans avaient même installé un camp d’entraînement dans le Sud de la France pour les guérilleros musulmans de Bosnie[vi]. Ils avaient acheminé  des milliers d’hommes et des armes pour une valeur d’au moins $400 000, et cela avec l’aide des Américains. Il est évident qu’Israël voyait d’un très mauvais œil ce panier à crabes. Pour contrecarrer le soutien américain aux islamistes ils fournissaient eux-même des armes aux Serbes. La situation des Américains en 1995 avec les musulmans fondamentalistes qu’ils avaient mis en place en Afghanistan et en Bosnie était un peu comparable avec celle des Israéliens qui avaient mis en place le Hamas au Moyen-Orient pour contrecarrer Yassir Arafat qui était plutôt laïque. Comment expliquer sinon la construction de 400 mosquées dans la zone de Gaza entre 1967 et 1987 sans la bienveillance des Israéliens pour les fondamentalistes financés par les wahabites ultraconservateurs. Yassir Arafat appelait le Hamas «  l’enfant de Sion ».amas » cet enfant d’IHamas » cet enfant d’Hamas En décembre 1995 Bill Clinton déclarait fièrement lors de la signature des accords de Dayton : «  Les réfugiés pourront retourner dans leurs villages. Les individus coupables de crimes seront exclus de la vie politique. Les Droits de l’Homme seront surveillés par une Commission indépendante ».  Très peu d’éléments de cet ambitieux programme ont été réalisés. Même les Mujahidines qu’on voulait renvoyer dans leurs pays s’étaient incrustés. Ils avaient acquis la nationalité bosniaque  Les autres se battent maintenant en Tchétchénie. Ou encore éparpillés partout en Occident, ils sont sans doute partenaires dans la plupart de actes terroristes de Madrid, Casablanca, New-York, Londres. La Bosnie était devenue une boîte de Pandore qui échappait au contrôle des Américains qui l’avaient mise en place et ouverte[vii]. Un rapport de la CIA décrit le financement de la campagne électorale de Izetbegovic en 1997, notamment le don de $ 500 000[viii] reçus de l’Iran. La Bosnie s’était livrée pieds et mains liées à l’Iran. Pendant cette même campagne plusieurs musulmans modérés opposés au régime furent éliminés ( Haris Silajdzic and Hfan Mustafic)[ix].  Si on avait étudié d’un peu plus près le passé de Izetbegovic[x] on se serait rendu compte qu’il s’agissait d’un criminel de guerre. Dès 1941 il faisait partie de l’organisation secrète Jeunes Musulmans, de laquelle est originaire la division SS Handschar composée exclusivement de musulmans. Elle commettait contre la minorité serbe des tueries qui écoeuraient même Himmler. Les nazis avaient justifié l’intégration de cette division dans leurs troupes sur base de l’origine « gothique » et de la pureté de race des bosniaques musulmans. Après la guerre, en 1946, Izetbegovic avait passé trois ans en prison pour antisémitisme, fascisme et collaboration avec les Allemands. En 1970 il avait écrit dans son livre La Déclaration islamique : »  Notre but : l’islamisation des musulmans. L’époque de paix est révolue à jamais… Aux hommes dégénérés et pervers, il faudra substituer des autorités islamiques incontestables ». Lors de la guerre de Bosnie de 1993 à 1995 sa garde prétorienne s’appelait Handchar comme la division SS de triste mémoire et appliquait les mêmes techniques fascistes de nettoyage ethnique. En 1995 Clinton avait comme amis Ben Laden et Izetbegovic. Il n’innovait guère ;  les présidents avant lui avaient des amis aussi illustres, petits tyrans et dictateurs abominables : Chian kai check, Mobutu, Amin Dada, Diem, Lon Nol, Suharto, Pol Pot, Rios Montt, Marcos, Somoza, Duvalier, Trujillo, Pinochet, Sadam Hussein, Ceaucescu.  Pierre LutgenGradué en sciences sociales.


[i] Cees Wiebes, Intelligence and the War in Bosnia 1992-1995, Lit Verlag

[ii] America used Islamists to arm Bosnian Muslims, Guardian 4/22/2002

[iii] Bosnian Government Snipers shot at Civilians, New York Times,  8/1/95

[iv] Canadian and French experts warned US that the mortar was Bosnian, The Times, London, 10/1/95

[v] The Times, London, 2/19/94.

[vi] L’Express, 26 décembre 1996

[vii] Jürgen Elsässer, Comment le Djihad est arrivée en Europe, 2006, FNAC

[viii] Los Angeles Times 12/31/96 et Washington Times 1/2/97

[ix] Slobodna Bosna, 7/14/96

[x] Jürgen Elsässer, Wie der Dschihad nach Europa kam, NP Verlag, 2005.


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