Archive for septembre 2008

Palestine, supermarchés et droits de l’homme

septembre 17, 2008

Supermarchés et droits humains.

 

« Le but fondamental de l’OIT aujourd’hui est que chaque femme et chaque homme puissent accéder à un travail décent et productif dans des conditions de liberté, d’équité, de sécurité et de dignité. » – Juan Somavia, Directeur général du BIT

 

Lors de sa 95e Conférence de juin 2006,  l’Organisation internationale du Travail (OIT) a mis fortement l’accent sur les aspects socio-économiques des droits de l’homme, et plus particulièrement la lutte contre la discrimination et sur la défense des droits des minorités ethniques. La Conférence rassemble annuellement quelque 4 000 délégués représentants des gouvernements, des travailleurs et des employeurs des 178 Etats Membres de l’OIT.

 

Le rapport de cette Conférence ne se veut pas alarmiste et dénote des évolutions positives dans beaucoup de domaines. Le respect des droits humains en général n’a jamais autant progressé que durant les 50 dernières années. Depuis la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme en 1948 tant de Conventions internationales se sont mises en place, (même si aucune d’elles n’a été signée par les Etats-Unis). Ne citons que celles concernant le statut de la femme, des réfugiés, de l’enfant, ainsi que les multiples prescriptions de l’Organisation Internationale du Travail. Ou encore la Cour de Justice de La Haye. Ou encore le travail d’Amnesty International, et des dizaines d’autres ONG comme « Iwerliewen fir bedreete Volleker », Enfants de l’Espoir, ACAT, Oxfam, Peace Brigades International.

 

La mise en place de normes comme SA 8000 sur la responsabilité sociale des entreprises fait que les multinationales sont appelées à faire auditer leurs fournisseurs dans les pays pauvres pour vérifier s’ils respectent les prescriptions de l’OIT. Les multinationales de l’équipement sportif et de l’habillement le font régulièrement depuis quelques années car de grosses parts de marché ont été perdues par certains distributeurs parce que les produits importés étaient le fruit du travail des enfants. La pression des consommateurs a eu cet effet extraordinaire que de 2000 à 2004 le pourcentage d’enfants engagés dans des travaux pénibles et dangereux à travers le monde a baissé de 25,9 % comme le montre le rapport de l’OIT du 16 juin 2006. La même chose risque de se passer dans le marché des produits alimentaires. Car les bananes, les avocats, les graines de café, les feuilles de thé que nous avons dans nos assiettes ou nos tasses portent souvent les traces de sueurs d’hommes et de femmes exploités, discriminés, humiliés. Ces réalités suscitent l’émoi et l’indignation. Les associations de consommateurs et les organisations de défense des droits de l’homme sont en droit de demander des comptes sur les produits entachés de discrimination et d’oppression.


La Conférence de l’OIT de juin 2006 a encore dû noter des manquements graves pour les Conventions n° 111 et 169.

 

La convention de l’OIT n° 111 concernant la discrimination requiert une politique nationale visant à éliminer, dans l’accès à l’emploi, dans la formation et dans les conditions de travail, la discrimination fondée sur la race, la couleur, le sexe, la religion, l’opinion politique, l’ascendance nationale ou l’origine sociale, et à promouvoir l’égalité de chances et de traitement. La discrimination est définie comme toute distinction, exclusion ou préférence  qui a pour effet de détruire ou d’altérer l’égalité de chances ou de traitement en matière d’emploi ou de profession.

La convention 169 relative aux peuples indigènes et tribaux concerne une large palette de sujets allant des conditions de travail, du recrutement des populations aborigènes et tribales aux droits fonciers, à la santé et à l’éducation.

La Conférence de juin 2006 a notamment abordé le problème du travail forcé au Myanmar et  l’emprisonnement de travailleurs de ce pays à la suite de leurs relations avec l’OIT . Elle a publié un rapport alarmant de 58 pages sur la situation des travailleurs des territoires arabes occupés. Le rapport décrit notamment le blocage du transfert des marchandises agricoles palestiniennes vers le marché national et international. Le rapport fustige également les conditions de travail inhumaines pour les travailleurs immigrés dans les usines de Taiwan, la discrimination ethnique dans les usines bosniaques et  les difficultés de la minorité indigène du Guatemala d’accéder au marché du travail chez United Fruit.

Les nitrates, les dioxines, la biodiversité, le recyclage, la couche d’ozone et le climat de l’an 2050 préoccupent beaucoup le consommateur européen. L’humiliation quotidienne de millions d’humains mérite une attention tout aussi soutenue. Que ce soit la cohérence des politiques commerciales et agricoles avec l’effort de coopération au développement, le respect des droits humains au niveau international, la défense des travailleurs migrants ou un effort nécessaire pour débloquer la crise au Proche-Orient, partout on a l’impression que l’Europe en fait assez ou ne peut rien faire. Les organisations et les entreprises ont quant à elles les mains libres pour s’engager un peu plus en avant dans leur responsabilité sociale. Dans le secteur alimentaire, c’est le puissant secteur de la grande distribution qui est concerné et qui ne peut jeter le voile sur les fournisseurs qui ne respectent pas les prescriptions de l’OIT. La norme SA 8000 établit des exigences aisément vérifiables avec l’aide d’auditeurs expérimentés. A l’instar de plusieurs Groupes, un Programme de vigilance devrait faire l’objet d’une rubrique spécifique de leurs chartes pour s’assurer du bon respect des principes éthiques et des droits de l’homme sur toute la chaîne d’approvisionnement. Un vaste chantier s’ouvre du côté des supermarchés.

 

 

Pierre Lutgen                                                                          Nadine Fraselle

Luxembourg Senior Auditors                                                  Université catholique de Louvain,

Centre Entreprise-Environnement

 

La tisana de artemisia annua no es una monoterapia

septembre 17, 2008

La Lucha Contra la Malaria

¡La tisana de artemisia no es una monoterapia!

 

En la guerra de Vietnam los Chinos redescubrieron los beneficios de una tisana hecha con una humilde mala hierba, la artemisia annua (armoise china) en la lucha contra la malaria. Utilizada desde milenios contra toda clase de fiebres más o menos tropicales, se revelaba de una eficacia extraordinaria para proteger a los soldados del Vietcong contra el paludismo.

 

Estos beneficios redescubiertos después de 40 años apenas condujeron a consecuencia en otros continentes, por muchas razones: se desconfiaba de un producto chino, Europa y los Estados Unidos no tenían necesidad porque el DDT había permitido erradicar completamente la malaria en Florida, Italia, Córcega, España, Inglaterra… y las sociedades farmacéuticas veían de un mal ojo una tisana gratuita que volvía inútil sus píldoras contra la malaria. Pero mientras tanto algunas de estas píldoras habían perdido su eficacia y las demás tenían efectos dañinos de toda clase sobre la salud, sobre todo neurológicos.

 

Había pues interés en estudiar de más cerca las propiedades y los constituyentes de la artemisia annua. Se revelaba conteniendo un conjunto fuertemente complejo. Uno de ellos, la artemisinina estaba ausente de las otras variedades de la armoise. Y por lo tanto era única en su género, un endoperóxido (por ej.: el agua oxigenada es un peróxido) que atacaba y mataba al plasmodio de la malaria en la sangre humana. Pero los estudios hechos en los años 80 (de manera especial los trabajos de Elford y Robets en Inglaterra), habían revelado que la eficacia de artemisinina era duplicada o triplicada por otras sustancias presentes en la tisana, notablemente por los flavonoides. Se estaba pues lejos de una monoterapia debida a la artemisinina sola.

 

Pero reconocer eso hubiese sido un reconocimiento del fracaso, así como admitir que la tisana de artemisia annua, por la sinergia de todas sustancias que contenía, era el medicamento más eficaz contra la malaria. En más de 2000 años de uso no se ha desarrollado ninguna resistencia por los mosquitos contra la tisana mientras que para los productos químicos como la cloroquina, amodiaquina, mefloquina, la resistencia era notoria y se volvió catastrófica. La astucia fue afirmar que combinando los efectos de la artemisinina con uno u otro de esos productos químicos le daba una garantía de eficacia mayor y se financió a una enorme cantidad de estudios para demostrarlo, con mayor o menor éxito.

 

Pero la extracción de la artemisinina de las plantas es un procedimiento costoso y muy poco rentable. Se ha ensayado durante muchos años producirla industrialmente, sin éxito, la naturaleza guardaba el secreto de su mecanismo.

 

Quedaba un problema mayor. El extracto de la artemisinina no es soluble en agua, y por ello difícil de transferir a la corriente sanguínea, mientras que en la infusión de la tisana, incluso en el agua fría se daba perfectamente; sin duda combinándose con los flavonoides para formar un complejo que es perfectamente soluble. Este complejo es fluorescente y permite por ello la dosimetría de las sustancias activas y la calidad de la tisana o de las píldoras.

 

Pero los químicos debían transformar químicamente al polvo de la artemisinina en los derivados solubles como el artesunato o el artemeter. Pero una operación como esa tiene su costo, que hizo que las píldoras  ACT (artemisia combined therapy = terapia combinada de artemisia) alcanzara un precio exorbitante, inaccesible para una familia africana. Y la tentación de producir falsificaciones es muy grande. En ciertos países más del 50% de las píldoras ACT son falsificadas… y matan. Recuerden ustedes e film “El Jardinero Constante”. Hay una enorme cantidad de dinero en juego. Además, los productos artesunato y artemter son muy poco estables en las píldoras ACT y pierden su eficacia en pocas semanas bajo las temperaturas tropicales.

 

No nos parece nada extraño que otras sustancias como los flavonoides jueguen un rol curativo importante contra las inflamaciones y las fiebres. Nuestras abuelas nos hacían beber las tisanas de “Batteralzem” (artemisia vulgaris) . La artemisia annua además contiene escopoletina que tiene un efecto bactericida bien conocido.

 

Los investigadores luxemburgueses de la ONG- IFBV han descubierto recientemente que la tisana de artemisia annua esteriliza al agua.  Si ello se confirma en el terreno, ¡qué importancia capital tendrá para los países tropicales donde todos los días mueren 15.000 niños a causa de la diarrea y del cólera!

 

También más y más asociaciones de Luxemburgo (ALASSEM, ASEC, IFBV, Co-Labor, Kraiderguart, Téi vum Séi, muchos Rotary Clubs, la Cruz Roja, y cuentan con el apoyo de la Arcelor Mittal Foundation y de muchas comunidades) unen sus esfuerzos para hacer conocer mejor a la planta. Ellos trabajan con una red de universidades en Europa, en África y en la América Latina.

 

Este año los luxemburgueses produjeron más de 100 kilos de la tisana, pero la meta esencial descansa en que la tisana se encuentre en el jardín de cada familia africana. Actualmente las semillas procedentes de Luxemburgo se reproducen en Benin, Togo, Guinea, Kenya, Katanga, en el Perú, Colombia, en Camerún, Ruanda y Burundi, el Senegal, Congo y Brasil, en África Central, en Malawi, Ghana y Zambia…

 

Pierre Lutgen

Doctor en Ciencias