Archive for décembre 2008

Artemisia annua et bactéries. Sterilisation

décembre 14, 2008

 

Des découvertes luxembourgeoises pourraient révolutionner la lutte contre le paludisme et le choléra

 

L’ONG luxembourgeoise «Iwerliewen fir bedreete Volleker (IFBV)» s’investit depuis plusieurs années déjà dans des projets visant à faire connaître l’armoise annuelle (artemisia annua) plante médicinale capable de traiter le paludisme chez nous et dans les pays tropicaux. Pour réaliser ces projets, Pierre Lutgen et Bernard Michels travaillent en collaboration étroite avec Colabor, Objectif Plein Emploi, le Conservatoire de plantes médicinales à Winseler («KraidergaartWanseler»), les médecins de l’Alassem et la Croix-Rouge. Depuis quelques mois, la fondation Arcelor Mittal s’intéresse également à ces projets du fait de ses activités dans des régions fortement menacées par le paludisme.

 

Sur des sols arides, pousse une plante herbacée qui permet de combattre le paludisme. L’armoise annuelle, à croissance rapide, est utilisée en Chine méridionale depuis plus de 2000 ans pour lutter contre la fièvre. Dans les années 70, des scientifiques découvrent que l’armoise annuelle peut constituer un remède efficace contre le paludisme et décident d’isoler son principe actif, l’artémisinine. Aujourd’hui, l’artémisinine est utilisée par l’industrie pharmaceutique pour la fabrication des pilules d’ACT (artemisia combined therapy) antipaludiques.

 

Des recherches médicales récentes ont prouvé que l’artemisia annua prise en tisane agit jusqu’à dix fois plus vite (3 à 5 jours) que les remèdes antipaludiques traditionnels, et que la guérison est totale dans pratiquement 100% des cas si elle est prise pendant 7 jours. Contrairement aux produits chimiques, cette tisane ne présente aucun effet secondaire toxique et aucune forme de résistance n’a été observée.

 

Le fait que l’artemisia annua est à la portée de tous est un facteur décisif. En effet, elle se cultive facilement dans tous les jardins et constitue ainsi un remède antipaludique gratuit pour tout le monde. À plus forte raison en Afrique, qui est le continent le plus touché par le paludisme, où cette tisane pourrait être obtenue facilement et pratiquement sans coût du fait de la possibilité d’une culture locale (autoproduction) et de sa préparation simple. En outre, des essais réalisés au Congo, au Pérou et au Cameroun se sont révélés positifs.

 

Néanmoins, les scientifiques avouent que des recherches sont encore nécessaires pour mieux comprendre les vertus curatives de cette plante et découvrir s’il serait possible de l’utiliser pour traiter d’autres maladies tropicales.

 

Comme nous l’a expliqué Pierre Lutgen (lutgenp@gms.lu), des essais ont été réalisés à l’aide d’un luminomètre PallCheck (phosphatase ATP). D’autres essais réalisés dans le laboratoire LCDI de Metz sur les bactéries luminescentes vibrio fischeri ont prouvé l’effet bactéricide de la tisane. Ces bactéries sont d’ailleurs de la même famille que les vibrio cholerae. Au cours de leurs expériences, quel ne fut pas l’étonnement des chercheurs lorsqu’ils ont constaté, en ajoutant une tasse de tisane d’artemisia annua à un litre d’eau infectée par des bactéries, que son efficacité était identique voire plus grande que l’action de bouillir cette eau. Ils répétèrent cette expérience qui donna le même résultat à chaque fois. Ils ont également constaté que les groupements peroxydes de l’artémisinine se comportent de façon très agressive contre les bactéries et les plasmodes du paludisme au cours d’une réaction du type Fenton, en produisant des radicaux OH en réaction au fer. L’ajout de sel de fer éteint d’ailleurs la fluorescence de la tisane (voir ci-après).

 

Une autre série d’expériences a été effectuée récemment avec un luminomètre similaire, fabriqué par la société Aquatools, et a permis d’observer à nouveau l’effet bactéricide notoire de la tisane d’artemisia annua: au moins 50% des bactéries présentes dans un échantillon d’eau sale ont été tuées. Jusqu’ici, nous avions connaissance des propriétés curatives et anti‑inflammatoires de l’artémisinine, mais non de ses propriétés antiseptiques.

 

Ces travaux de recherche ont permis de découvrir que la tisane d’artemisia annua devient fluorescente sous la lumière noire UV (comme la quinine), phénomène encore inconnu jusqu’à présent. Dix autres tisanes ont subi les mêmes essais mais aucune d’entre elles n’est devenue fluorescente, même pas l’artemisia vulgaris, tisane de nos grands-mères. De même, aucune fluorescence n’a été constatée sur trois pilules d’ACT antipaludiques d’origines diverses, dont une provenant du Cameroun. Reste à déterminer s’il s’agissait de pilules falsifiées – 50% sont vendues sur le marché noir au Vietnam, en Malaisie ou en Afrique – ou si le dérivé d’artémisinine de ces pilules s’était dégradé, car comme des laboratoires français l’ont démontré, leur durée de conservation est raccourcie en raison des températures tropicales.

 

Mais jusqu’ici, un autre problème essentiel restait sans réponse. Pour savoir si les plantes ou la tisane contenaient la substance active de l’artémisinine en quantité suffisante, il était nécessaire de recourir à des analyses très élaborées et coûteuses, telles que la chromatographie HPLC.

 

Par fluorescence, il est possible de détecter la substance active présente dans la plante, la tisane ou les pilules d’ACT, et éventuellement de la doser. Cette méthode n’est pas nécessairement appliquée dans un laboratoire universitaire, mais aussi dans l’obscurité d’un village africain à l’aide d’une simple lampe ultraviolette à lumière noire. De nombreuses vies pourraient être sauvées ne serait-ce qu’en identifiant les pilules antipaludiques falsifiées.

 

Ces essais ont également permis d’établir que l’artémisinine est soluble dans l’eau, même quand elle est froide. Ce phénomène s’explique sans doute par la présence d’autres composants dans la tisane. Selon certains groupes pharmaceutiques, l’artémisinine n’est pas soluble dans l’eau, il faut donc l’extraire en utilisant des solvants chimiques, puis en sécher les cristaux pour enfin les vendre sous forme de pilules. Ces mêmes groupes pharmaceutiques prétendent que la tisane est une monothérapie présentant un jour futur éventuellement des risques d’accoutumance. Les chercheurs luxembourgeois ont pu montrer que la tisane d’artemisia annua, et elle seule,  contient au contraire toute une série de substances fortement bactéricides

 

Les scientifiques de l’IFBV sont conscients que des travaux de recherche supplémentaires sont nécessaires pour confirmer et développer ces résultats avant de les appliquer sur le terrain. Jusqu’à présent, les travaux réalisés n’ont pas été financés par des fonds publics mais exclusivement par des fonds privés, constitués principalement de dons du Rotary Luxembourg Vallées. Depuis plusieurs mois, IFBV travaille en étroite collaboration avec l’Université de Louvain, ainsi qu’avec des experts en maladies tropicales des Universités d’Antioquia en Colombie, Campinas au Brésil et Lumbumbashi au Katanga.

 

Les résultats ont été présentés en détail lors du congrès international «Maladies tropicales, aspects humanitaires et économiques» tenu à Luxembourg du 3 au 4 juin 2008 (http://www.maladiestropicales.org). Une vingtaine d’experts  de différents continents ont exposé et confronté leurs points de vue. Car en science, l’important est de poser les bonnes questions. Vous êtes invités à les leur poser.

 

Si l’ensemble de ces résultats se vérifiait, quel immense espoir ce serait pour les pays tropicaux. Dans ces pays, 20 000 enfants meurent tous les jours de la malaria, du choléra, de la diarrhée, de la leishmaniose, de la dengue, de la maladie de Chagas, etc.

La tisane d’artemisia annua constituerait un remède gratuit qui permettrait de mettre fin à ces souffrances innommables.

lutgenp@gms.lu

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Islam, religion de la tolerance

décembre 13, 2008

 

 

 

L’islam, religion de la tolérance

 

Les divergences et la multiplicité d’écoles sont une grâce

Averroès

 

 

 

La fin de la guerre froide a provoqué un vide.

 

Il fallait trouver un ennemi de remplacement, surtout dans le cas de la vision manichéenne du monde des Etats-Unis (les bons contre les mauvais) et de leur messianisme civilisateur. L’Arabe et le musulman jouent aujourd’hui ce rôle, qu’ils soient fondamentalistes ou simples habitants d’un Etat du Moyen-Orient. Dans les media, dès qu’il y a des troubles dans un camp de réfugiés palestiniens ou des habitants résistant à l’occupation par les colons sionistes ou par les troupes américaines en Irak, ces personnes sont inévitablement qualifiées de terroristes, fondamentalistes ou islamistes.

 

 

Pourtant le début du siècle passé  avait connu une période d’engouement pour tout ce qui était arabe et oriental  chez les Américains (Grace Dodge), les Anglais (Lawrence d’Arabie), les Français (Pierre Loti). C’était la période dite de l’  «Orientalisme ». L’islam avait su, au cours des siècles, montrer de nombreux attraits pour les voyageurs européens qui se rendaient en Orient.

 

Le Prophète avait su tirer les Arabes d’un univers borné par les allégeances claniques et un paganisme sommaire, pour leur offrir de vastes horizons spirituels et inteelectuels totalement inconnus d’eux : Il a élargi leurs perspectives aux dimensions de l’humanité. Et il a amneé chaque homme et chaque femme à se forger une conscience personnelle, pat où ils devenaient comptables devant Dieu de leurs choix individuels.

 

L’ouverture d’esprit, la tolérance et la science étaient stimulées par les encouragements explicites du prophète, qui exhortait les musulmans à aller quérir la science jusqu’en Chine : «  La quête de la connaissance et de la science est obligatoire pour chaque musulman, homme ou femme, du berceau à la tombe » ou encore «  L’encre de l’élève est plus sacrée que le sang des martyrs » ou encore «  Une journée consacrée à la science est plus méritoire à Dieu que cent expéditions guerrières ».

 

Le philosophe soufiste Ibn’ Arabi reprend le même thème au treizième siècle «  Sache que les gens d’Allah n’entreprennent d’errer sur la terre, parcourant les déserts et les rivages marins, que sous l’influence du goût dominant pour la société des hommes leurs semblables ».

 

Le Coran est un éloge de la diversité, et la théologie musulmane est avant tout une théologie de la différence. « Voyagez ! » ordonne le Coran, « allez à travers le monde » (XXX-43), « Arpentez-en les détours », (LXVII-15) . Le pluralisme des sociétés humaines doit être appréhendé dans le cadre d’une pensée de la différence. S’ouvrir à l’autre est un devoir impérieux. Point de solipsisme en islam. La pire calamité y est d’en être réduit à un isolement moral, intellectuel et social prolongé. Différent en cela de la religion d’Israël, essentiellement nationale et même raciste, l’Islam comme le christianisme, s’est voulu d’emblée universel.

 

Le mythe de la femme pécheresse (I Epître à Timothée 2, 11-15) et l’opprobre attaché par saint Augustin à la sexualité sont bien loin des enseignements de Mahomet. Sans péché originel ni culpabilité, le rapport sexuel est censé rapprocher le musulman de Dieu. « En se mariant l’homme accomplit la moitié de la religion », dit un hadith.  Dans le monde chrétien le péché originel, ce Deus ex machina a empoisonné des générations jusqu’aux temps modernes.

 

Le système social proposé par Mohamed partait de l’idée que les hommes sont conditionnés de telle sorte par le Créateur qu’ils doivent vivre en groupe, afin de satisfaire l’ensemble de leurs besoins physiques, intellectuels et moraux : en bref, ils sont dépendants les uns des autres.

 

Un des textes qui m’ont le plus impressionnés est celui trouvé dans le livre du médecin italien Denti di Piranjo qui travaillait en Libye en 1930 :  « Le prince parlait avec les caravaniers inconnus qui se pressaient autour de lui avec une parfaite simplicité, comme s’il les avait connus toute sa vie . Et, en réalité, il les avait toujours connus : son sens religieux de l’unité de toute la création, la sympathie humaine qui le poussait à reconnaître un reflet de lui-même dans chaque fils d’Adam l’amenaient tout naturellement à traiter ces caravaniers loqueteux et couverts de vermine comme des égaux. »

 

La tolérance dans ces conditions est un hymne à la création. Elle procède de l’émerveillement de la conscience croyante devant la diversité de l’œuvre divine qui est profusion infinie et ouverte. « A chacun de vous Dieu a donné une Loi et un Chemin différents. S’il avait voulu il aurait pu faire de vous un seul peuple » (V-49). Ou encore «  Il n’y a pas de contrainte en matière de foi » (X-99). Et quand les polythéistes de son époque qualifiaient le Prophète de fabulateur et d’imposteur, il ne leur a pas tordu le cou mais leur a répondu : « Dieu sera juge entre nous le jour de la rétribution ».

 

Cette ouverture d’esprit explique l’extraordinaire foisonnement de la philosophie et de la science arabe pendant les premiers siècles de l’islam. Nées et élevées dans le mépris du monde découlant du christianisme paulinien et augustinien, les populations du pourtour de la Méditerranée se trouvèrent soudain confrontées avec une doctrine qui niait le dogme du péché originel. Leur conversion ne fut pas une conversion à la pointe de l’épée.

 

Les chrétiens retrouvaient dans le Coran tous les personnages de la Bible, Abraham. Isaac, Jacob, Jonas, Joseph, Marie, Jean le Baptiste, Jésus. Ce n’est pas le moindre paradoxe  de l’histoire chrétienne que c’est le courant le plus fidèle au judaïsme et aux partisans de Jésus qui va trouver refuge en Arabie.

 

A ces débuts la philosophie et l’image du monde de l’islam étaient tributaires des connaissances perses, indiennes, andalouses, égyptiennes, syriennes. Et par ailleurs ces peuples les accueillaient les bras ouverts pour échapper aux représailles de Rome contre les soi-disant hérétiques.  Les premiers professeurs des savants arabes étaient des Nestoriens, les Jacobites, les Juifs.

L’islam était à l’origine d’une brillante civilisation et pour la première fois la science devenait

internationale sur une large échelle.

 

La supériorité du savant sur l’homme seulement pieux est pareille à la supériorité de la pleine lune sur tous les autres astres. L’islam dit oui à l’intellect et non à l’obscurantisme, oui à la vie et non à l’ascétisme. Plus belle est encore la phrase qui dit : » La gloire vous la trouverez dans les palais, le bonheur dans les bazars, la science dans les écoles et la sagesse au désert ». Ou encore «  Dieu placera sur des degrés élevés…ceux qui auront reçu la science ». Alors que jusqu’à Thomas d’Aquin le christianisme considérait que la science était l’ennemie de la foi, chez les mystiques musulmans les mathématiques et la science les aidaient sur le chemin de la contemplation.

 

Un musulman n’entre pas en conflit avec les exigences de la vie spirituelle, s’il prend plaisir aux belles choses du monde matériel, car Dieu aime voir sur ses serviteurs une évidence de sa bonté. Les besoins physiques sont des forces positives, données par Dieu, et doivent être utilisées à bon escient.

 

L’hygiène fait partie de la foi. Les bains publics et le hammam sont un héritage gréco-latin. Le monde arabo-musulman l’a adopté et généralisé afin de vivre au quotidien les prescriptions religieuses concernant la propreté du corps, tenue comme étant d’essence divine. L’homme doit prier avec son corps aussi bien qu’avec son âme.

A Bagdad il y avait un hammam pour 50 habitants, à Cordoue un pour 80.

 

Le musulman donne une image bifide de son être-au-monde, moitié dogme et répétition, moitié irrévérence, curiosité, génie créateur. La religion requiert la répétition disciplinée de ses normes fondamentales, la science nécessite de la création et de l’invention.  Al Mamoun, disciple des mutazilistes de Bagdad, professait  que la raison est le moyen le plus sûr de parvenir à toute vérité, et que l’effort spéculatif personnel est un droit et une obligation. Il cite le Coran à l’appui : « Dieu voue au châtiment ceux qui ne raisonnent pas ».  Ou encore : »Que celui qui veut, croie, et que celui qui veut, nie ».

 

Le christianisme a longtemps été marqué par la soumission de la raison à la foi. Ce n’est qu’au 13ème siècle que les philosophes chrétiens (Thomas d’Aquin)  ont parlé de l’indépendance de l’intellect et du dogme, de la foi et de la science et que Roger Bacon a commencé à faire des expériences scientifiques. Et c’est à travers l’Espagne et la Méditerranée arabe que l’Europe a repris contact avec Aristote, la culture grecque et égyptienne.

 

Etonnante Karin Blixen, qui dans son livre « Out of Africa » est pleine d’admiration pour le comportement des Somaliens musulmans : intègres, confiants, sans peur, alors que les élèves des missionnaires, personne au Kenya ne veut les engager comme ouvriers parce qu’ils sont  chapardeurs et menteurs.

 

Dans la pensée coranique, les conflits de nature tribale ou raciale n’ont aucune place. Aucun musulman ne peut porter le glaive contre un autre musulman – chose qui est allègrement transgressée aujourd’hui, comme le sont par ailleurs les messages de paix et de non violence de Jésus. « Nous vous avons créés des mâles et des femelles, nous avons fait de vous des peuples et des tribus en vue de votre connaissance mutuelle, afin que l’humanité règne au milieu de vous » (Coran, XLIX, 13). Depuis 13 siècles, le pèlerinage à la Mecque, réunit des musulmans de toutes les couleurs de la peau, de toutes les langues et de toutes le couches sociales et renforce leur sentiment d’appartenir à une même communauté de foi.

 

Mohamed avant sa mort avait publié des chartes de protection des monastères en terre arabe, et la survivance du Monastère de Sainte Catherine au Mont Sinaï jusqu’à ce jour en est une preuve. De larges communautés chrétiennes survivent au 20ème siècle en Irak, en Egypte, en Syrie. Enfants chrétiens, juifs et musulmans ont pu et continuent d’aller dans les mêmes écoles. Les communautés juives étaient souvent florissantes dans les pays musulmans, de Samarcande à Rabat. Ce n’est que la création récente de l’Etat d’Israël qui a conduit à la désintégration de ces communautés.

 

L’islam avait introduit des règles de conduite lors de conflits armés, longtemps avant la convention de Genève . « Si tu épargnes la vie de quelqu’un, c’est comme si tu avais sauvé toute l’humanité » ou encore «  Que la haine pour un peuple ne vous pousse pas à l’iniquité. Tu ne ridiculiseras pas l’autre. (5.8) ». Même Renan, qui n’appréciait pas particulièrement les Arabes, a du reconnaître que les musulmans traitaient les peuples conquis avec une indulgence inconnue jusqu’à eux.

 

« Tuer quelqu’un…. c’est tuer toute l’humanité » (V-32). « La guerre est toujours détestable. Vous l’avez en aversion » (II-216) . Le meurtre d’un innocent est comparable à l’idolâtrie (V 68 de la sourate du discernement). De qualifier tous les Musulmans de violents, est aussi aberrant que pour Anglais de les qualifier tous de rouquins, parce qu’il en a vu deux en débarquant à Calais. C’est plutôt le contraire qui est vrai. 82 % des Américains sont pour le port d’armes, alors que seulement 53% de la minorité musulmane de ce pays le sont. Et si seulement 1% de la communauté musulmane du monde étaient des terroristes, il seraient 10 millions contre qui toutes les armées et polices du monde seraient impuissantes.

 

Le Coran parle bien de Jihad, ce qui ne doit pas nécessairement être traduit par guerre « sainte », mais plutôt par guerre justifiée (ou encore conversion intérieure). Car le Coran parle clairement du droit d’autodéfense : « Ceux qui se défendent quand on les traite injustement ou quand on vole leurs terres, ne méritent pas de reproche ».

 

Toutes ces pratiques sont en flagrante contradiction avec les pratiques barbares des croisés qui ont  tout massacré sur leur passage et transformé Jérusalem en un bain de sang, avec les pratiques de la Reconquista en Espagne ou encore de la rébellion grecque contre les Turcs en 1821, où toutes les mosquées furent rasées, les musulmans massacrés, convertis de force ou expulsés.

 

L’islam est théologiquement protestant. C’est-à-dire que le musulman est théologiquement

habilité au libre examen des écritures sacrées. Cette liberté, dans le christianisme, Luther ne va la réclamer qu’au 16ème siècle. Il y a évidemment des intégristes qui veulent prendre le Coran au pied e la lettre. Mais de tels intégristes foisonnaient également en nos pays. Copernic, Galilée et Bruno n’ont pas choqué les intellectuels musulmans de cette époque mais bien les cardinaux du Vatican.  La Bible ne disait-elle pas à maints endroits que le soleil se couchait et que la terre était au centre de l’univers.

 

Le meilleur exemple ou résultat de cette tolérance était l’Andalousie de l’an mil. Les chrétiens avaient adopté la langue arabe pour leur liturgie et leur poésie, les juifs arabisés redécouvraient par contre l’hébreu. Averroes le musulman, Maimonides le juif et Abelard le chrétien ne voyaient aucun problème à chercher la vérité philosophique de l’autre côté des frontières confessionnelles.

 

La tolérance pratiquée par les musulmans en Espagne était tellement enracinée que même après la reconquête de Tolède par Alphonse de Castille en 1085 Espagnols et Francs continuent à vivre en harmonie avec les mozarabes, chrétiens attachés au culte liturgique en arabe, avec les mudéjars, musulmans demeurés en terre chrétienne et avec les juifs ayant fui l’intolérance en d’autres terres.

 

Ce n’est que Fernand et Isabelle qui détruisirent ce monde en expulsant les musulmans et les juifs, en les convertissant de force ou en les massacrant. Est-ce pour ces raisons que le Vatican pense canoniser ces rois catholiques ?

 

Le même esprit de tolérance pouvait être trouvé dans l’empire ottoman à ces débuts. Les sultans d’Istanbul laissent leurs sujets pratiquer leur religion traditionnelle, ils entérinent les coutumes et privilèges anciens,  leur chancellerie émet des actes en turc, en grec et en slavon. Cet esprit de tolérance attire vers l’Empire ottoman les persécutés de l’Occident, notamment les Juifs expulsés d’Espagne.

 

Le Coran avait permis l’établissement d’un monde humaniste de Cordoue à Téhéran. Ce qui prouve qu’il n’y a pas de handicap structurel lié à l’essence de l’islam, mais à partir de l’époque où  l’Europe prend son essor scientifique et technique, la rivalité devient militaire, des croisades à la Reconquista, et l’Islam se retranche sur ses positions. Après la première guerre mondiale les pays arabes du Moyen-Orient avaient espéré trouver leur indépendance, mais le joug ottoman fut hélas remplacé par le joug français et anglais. L’Occident, politique, science et techniques confondues, devint un ennemi. Le colonialisme coupait les Arabes de leurs racines, les déstabilisait et les désorientait.

 

De Bagdad à Paris, par Kairouan et Tolède

 

Par un long cheminement la civilisation grecque était revenue en Gaulle dévastée par 10 siècles d’invasions barbares.

 

Les Abassides de Bagdad, Haroun-al-Rachid et al-Mamun avaient fait de leur ville et de leur pays un jardin (dommage que tout cela ait été foulé par les bottes de Gengis Khan et maintenant par les tanks de Bush). Une bibliothèque publique appelée « Maison du Savoir » avait pour objectif de diffuser les connaissances et les sciences naturelles. En 998 elle contenait 10 000 ouvrages. C’est de Bagdad que sont partis vers l’Andalousie les ouvrages traduits en latin.

 

Un peu plus tard le calife fatimide al-Hakim avait lui aussi organisé au Caire une bibliothèque où des rencontres étaient organisées entre juristes, médecins, traditionalistes, astronomes pour enseigner toutes les disciplines scientifiques. Le chirurgien Ibn al-Nafis y fit d’importantes découvertes sur la circulation du sang, 4 siècles avant les découvertes des Servet en Europe.

 

Il y mille ans, les musulmans introduisaient de nouvelles méthodes d’expérimentation, d’observation et de mesure. Al-Khwarzimi inventait l’algèbre, Al-Haytham écrivait les lois de la réflection et de la réfraction de la lumière ainsi que le principe d’inertie (600 ans avant Newton), Ibn Khaldun introduisait des concepts de sociologie politique, Al-Ghazzali le doute longtemps avant Descartes, Avicenne écrivait un traité de médecine de 318 pages.

 

L’Afrique du Nord joua un rôle de premier plan dans la transmission du savoir arabe à l’Europe médiévale, via l’Espagne et la Sicile. Fondée en 670, Kairouan devint la capitale de l’Ifriqiya. La cité, peuplée de plusieurs centaines de milliers d’habitants, vivait dans un exceptionnel climat de tolérance, et devint l’un des grands centres intellectuels de l’Islam.

 

En Sicile, la cour des rois normands de Palerme est un véritable creuset culturel. Sous Frédéric II elle devint un carrefour d’hommes, de produits et d’idées entre les civilisations grecque, latine et arabe. Frédéric II de Hohenstaufen, empereur du Saint Empire, parlait neuf langues dont l’arabe. En rapport constant avec les savants arables, il expédia des questionnaires en Egypte, en Syrie, en Irak, au Yémen.

 

Tout au long du Moyen-Âge, l’Andalousie était une tête de pont vers le monde chrétien. Ibn Rushd, notre Averroès, rédigea des commentaires sur les œuvres d’Aristote. On pourrait dire qu’il introduisit en Occident le principe du débat philosophique, en même temps que le médecin juif  de Cordoue, Maïmonides..

 

Lors de la conquète de Constanstinople Mehmet II rassembla les documents grecs, latins et autres qui avaient échappé à la destruction et les plaça dans la bibliothèque qu’il fonda à l’Eski Saray. 

 

Entre-temps Tolède était devenue chrétienne en 1165. Gérard de Crémone y traduisit en latin Aristote, Galien, Euclide, Ibn Sina. Albert le Grand et Thomas d’Aquin apprirent ainsi à connaître ces œuvres et à introduire pour la première fois en Occident la distinction entre dogme et raison.

 

Mais depuis lors les deux mondes se séparent…

 

Depuis le 4ème siècle le christianisme s’était laissé embrigader  par l’Etat romain : le dogme défini par Rome ou Byzance écrasait la foi  et la science s’effaçait dans les brouillards du Haut Moyen-Âge.

 

L’islam, lui,  a su résister pendant 7 siècles aux tendances doctrinaires. Puis les barbus sont arrivés. Et avec eux l’idée que le seul savoir utile était celui du dogme et de la doctrine. Et pourtant le prophète avait mis en garde contre eux : « O croyants, sachez que les prêtres et les moines écartent les hommes de la voie du salut » (IX, 34). Les tenants de la philosophie et de la science furent écartés, les chanteurs se turent, les danseurs se figèrent et les médecins se firent imams pour réciter de longs versets. La traduction du mot « islam » qui à l’origine signifiait « disponibilité » a été remplacée par « soumission ».

 

Jésus et Mohammed doivent se retourner dans leurs tombes quand ils voient l’interprétation que donnent à  leur message les puritains et les intégristes. N’oublions pas qu’ils avaient donné au Dieu unique le même nom : Allaha en araméen et Allah en arabe, tous deux dérivés du Elohim juif. La forme la plus fondamentaliste de cet intégrisme musulman est incarnée par les Wahhabites d’Arabie Saoudite. Leur arrogance et leur volonté de domination n’est comparable qu’à celle de leurs alliés puritains américains qui prient également Dieu avant de lancer leurs bombardiers. Mais il ne faut pas nécessairement aller chercher très loin des formes d’intégrisme religieux semblable. Aux Pays-Bas le Staatkundig Gereformeerde Partij  (SGP) vient d’avoir plus de 2% aux dernières élections. Ce parti voudrait remplacer la démocratie par le théocratie. La femme doit occuper dans la société une position différente de celle de l’homme à qui elle doit soumission. La vaccination contre polio ou autres maladies n’est pas requise, mieux vaut remettre le sort des enfants entre les mains de Dieu. Le dimanche est le jour du Seigneur et le Tour de France ne peut pas passer ce jour là dans les villages où le parti SGP à une forte représentation.

 

Le déclin du  monde musulman dans le domaine des sciences devient évident quand on sait qu’aujourd’hui seulement 0.1% des articles scientifiques publiés le sont dans les pays arabes. Certains musulmans progressistes enragent à juste titre de voir l’Islam dépossédé des audaces d’une pensée scientifique et critique que, grâce notamment à Aristote, les philosophes musulmans avaient apportées à l’Occident. Jusqu’au début du siècle passé certains intellectuels musulmans  étaient encore convaincus que leur héritage scientifique avait donné naissance au développement économique de l’Europe. Ainsi Parvus Effendi écrit en 1912 dans « La Patrie Turque » : La civilisation européenne est encore fort jeune. Elle a emprunté de nombreuses idées aux philosophies, religions et littératures de l’Orient : de nombreuses idées développées ces jours-ci en Europe existent depuis longtemps en Asie ». C’est sans doute cette auto-suffisance qui a perdu  l’empire ottoman, un refus généralisé de voir que l’Occident évoluait et que la carte économique du monde avait changé depuis le contournement de l’Afrique par les Portugais. Comme tous les empires en déclin les troupes indigènes furent remplacées par des mercenaires ou des janissaires, ou  par des Gaulois chez les Romains ou des Latinos chez les Américains. Comme  tous les empires en déclin, le monde arabo-turco-persan convaincu de sa supériorité s’était renfermé sur lui-même.

 

 Un signe d’espoir et de changement de société est cependant le nombre croissant de femmes universitaires qui d’après les statistiques de l’UNESCO était de 35 % dans les pays arabes, avec des pointes à  40% en Irak, 48 % au Liban et 50% en Palestine. Pour l’enseignement secondaire, les Nations Unies indiquent que 87% des jeunes filles du Moyen-Orient et du Maghreb l’ont complété en 2000.

 

Car cet autre sujet de malentendu avec l’islam est la position de la femme dans la société. Avouons que pendant des siècles le rôle de la femme chez les juifs et les chrétiens n’était guère plus enviable. Du temps de Mohamed, dans la société judaïque, la femme n’était pas l’égale de l’homme : la femme était un des biens de l’époux, qui pouvait la prendre puis la répudier comme bon lui semblait.  En 1575 un concile discutait sur l’existence ou la non-existence d’une âme chez les femmes. La Déclaration des Droits de l’Homme de 1789 en France ne s’adressait nullement aux femmes. Il fallait que Olympe de Gouges se batte pour les mêmes droits et passer ensuite sur l’échafaud. Luther et Calvin étaient ouvertement misogynes. L’auteur belge Henri de Coster décrit ainsi les prêches des curés calvinistes de Zélande « Ils menacent les hommes de leur couper la barbe et les femmes de leur couper les cheveux. Mais celles-ci se font un malin plaisir à laisser dépasser des mèches de leurs foulards ». Un voyageur belge, le comte de Renesse décrit ainsi la situation des femmes au Portugal en 1899. « On rencontre en ville peu de femmes portugaises. Elle vivent, me dit-on, à la mode orientale, séquestrées volontairement ou par habitude, derrière leurs balcons ou leurs moucharabiehs ». Jean-Jacques Rousseau et Johann Georg Fichte prétendaient qu’à cause même de la nature du sexe faible celui-ci ne pouvait avoir les mêmes droits que les mâles. Les photos faites par le Suisse G. Job en voyage en Sardaigne en 1935 font penser aux femmes du fin fond de l’Iran. Et quand la journaliste belge Maria Rosseels décrit la situation des femmes japonaises en 1950, on croit rêver : »Le Japon reste le paradis des hommes. La femme accueille son mari à genoux quand il rentre, dans la rue elle marche toujours trois mètres derrière lui, lui laisse la préséance dans les ascenseurs et les bus. Le Japonais obtient le divorce de sa femme pour une bagatelle, pour un plat de pommes de terre brûlées. »

 

La Voix du Luxembourg titre dans son édition du vendredi 17 mars 2006 « Egalité entre hommes et femmes. Enfin dans la Constitution luxembourgeoise ». La Constitution tunisienne assure l’égalité entre hommes et femmes depuis 1956, le Code de l’Individu en Iran depuis 1968, le Code de la Famille au Maroc depuis 2003. Bien sûr la réalité sur le terrain ne correspond pas toujours au texte des lois et il faut plus d’une génération pour que celui-ci passe dans la vie de tous les jours. Comme chez nous au cours du XXème siècle. Car en 1937 le ministre catholique Romme aux Pays-Bas proposait encore un texte de loi interdisant le travail salarié aux femmes mariées. Au Luxembourg en 1968 encore une femme qui voulait ouvrir un compte en banque avait besoin de l’autorisation écrite de son mari. Jusqu’en 1963 l’accès des facultés de théologie était interdit aux femmes au Québec.

 

La société politique de tous les peuples occidentaux qui se disent « civilisés » est traditionnellement une société sans femmes. Celles-ci étaient réduites au rôle de couveuses et mères poules. Ce paradigme extravagant fut celle de tous nos glorieux ancêtres, « européens-hommes-de-science » compris (Françoise Tillion). La mise en tutelle de la femme imputée tantôt à la race arabe, tantôt à la religion musulmane, ils pouvaient tout aussi bien se l’imputer à eux-mêmes, ou plutôt à un substrat que les christianisés partagent avec leurs voisins islamisés, avec les Italiens, les Israéliens, les Palestiniens, les Espagnols, les Français, les Yougoslaves, les Grecs, les Turcs. Le tout forme un ensemble géographiquement jointif – comme une grosse tache d’encre sur une feuille de bouvard, bien épaisse au milieu, puis de plus en plus claire vers le bord. Chez les Touareg, pourtant musulmans, la société est matrilinéaire comme dans d’autres pays d’Afrique. Si une  femme se plaît pas chez son mari, elle y reste ; sinon elle s’en va, emportant la tente, les vaches, la batterie de cuisine et laissant son mari littéralement sur le sable. Il va s de soi que dans ces conditions un homme se gardera de répudier sa femme par caprice, car il n’aura plus les moyens de s’en procurer une autre. Et à la différence de la société méditerranéenne ou une fille mère et un enfant naturel conduisaient à des drames humains, un enfant est accueilli dans les familles africaines, les bras ouverts, quelle que l’exacte paternité ou maternité.

 

Comparé à l’antiféminisme de longs siècles chrétiens Mohamed était étonnamment en avance sur son époque. Il mettait hommes et femmes au même niveau « Nous assurerons une vie agréable à tout croyant, homme ou femme, qui fait le bien » Coran 16/97. Ou encore « Je ne laisse pas perdre l’œuvre de celui qui agit bien, qu’il soit homme ou femme » Coran 3/195. Dans les sociétés asiatiques ce n’est que dans le Coran que l’on peut trouver des passages tels que «  Celui qui a une fille et ne l’enterre pas vivante, ne l’insulte pas et ne la préfère pas aux descendants mâles, celui-là sera conduit par Dieu au paradis » La femme, possédant une personnalité juridique complète, peut en toute propriété posséder des biens sur lesquels ni ses parents, ni son mari n’ont aucun droit, pas même de regard. « Elles ont des droits équivalents à leurs devoirs » Coran 2/228. Au début de l’Islam les femmes priaient à côté des hommes dans les mosquées.

 

Le Coran dit que Dieu, étant tout-puissant, n’a pas besoin d’un fils (de Dieu) comme un quelconque chef de tribu, pour perpétuer son nom. Les lignées paternelles ne sont pas indispensables pour la naissance de l’homme nouveau (Jésus). Une vierge mère suffit. Marie, la mère de Jésus, est pour les Arabes un idéal : » Et  les anges dirent : Ô Marie ! Dieu t’a choisie, t’a purifiée et t’a élue au-dessus des femmes des mondes ». Coran 3/42. Le nom de Marie est cité plus souvent dans le Coran que dans le Nouveau Testament.

 

La tradition du voile est antérieure à l’islam, on en voit les premières traces dans les pratiques juives, puis chrétiennes. Dans la Thora la femme est déclarée inférieure à l’homme et doit se couvrir  Saint Paul exige le port du voile pour les prières: «  Que la femme se couvre d’un voile. L’homme, lui ne doit as se couvrir la tête parce qu’il est le reflet de Dieu »  (1 Cor. XI, 5). Elle ne pouvait en aucun cas prendre la parole en assemblée.  Dans l’Islam le voile, réservé à l’origine aux femmes de la cour, ou encore aux femmes libres pour les distinguer des esclaves, ne se généralisera que trois siècles après la révélation coranique, au temps des Fatimides d’Egypte. Au Yemen le voile n’a fait son apparition qu’il y 200 ans. Seules les femmes du harem du gouverneur turc étaient obligées de le porter. Les femmes de la bonne société voulaient les imiter et finalement toutes femmes le portaient, un peu comme les femmes chez nous suivent la mode. Mais cette mode s’est incrustée en de nombreux pays musulmans. Aujourd’hui, parmi les misogynes religieux, il ne reste que les intégristes musulmans à vouloir habiller leurs femmes d’un voile d’excès et d’hypocrisie, comme s’il n’existait pas de juste mesure entre le string et le tchador. Mais reconnaissons que les costumes imposés aux femmes par la société bourgeoise victorienne ou catholique jusqu’à la moitié du 20ème siècle n’étaient guère moins stricts et pudibonds. Avant le développement touristique des années soixante, une femme qui, en Espagne, au Portugal, en Provence, en Italie, en Grèce entrait dans une église sans voir les cheveux couverts, faisait scandale. Au début du siècle passé, à la côte belge les femmes étaient encore portées dans l’eau dans des chaises à porteurs et sous Franco l’Espagne avait encore des plages séparées pour hommes et pour femmes. On se rend ainsi compte que les zones géographiques où les femmes sont mises à l’écart couvrent une surface dont les frontières ne correspondent pas à celles de la religion musulmane. Le voile n’existe pas dans de nombreux pays musulmans. Historiquement, n’importe quelle incursion dans le passé nous démontre que le harem, la circoncision et le voile sont infiniment plus anciens que le Coran et que ce ne sont pas seulement les musulmans qui trouvent indécent d’étaler des femmes nues sur des affiches publicitaires.

 

Mais nous n’avons pas encore pris conscience que la position des femmes dans les pays arabes autour de la Méditerranée change à une vitesse étonnante. Ainsi en Algérie 70% des avocats, 60% des juges et 60 % des universitaires sont aujourd’hui des femmes. L’Iran vient d’instaurer un numerus clausus de 60%  pour les femmes à l’Université ; il y en avait de trop. Il y a 30 ans les filles se mariaient à 17 ans et aujourd’hui à 28 ans[1]. Changements qui ont lieu dans un pays qui à notre connaissance aurait été pendant de longues années sous la coupe d’islamistes retardataires.

 

Un des préjugés les plus largement répandus contre l’Islam est certainement celui attaché au thème de la polygamie. Nous oublions que pour des générations d’êtres humains, pendant des millénaires, la polygamie était ressentie comme une pratique naturelle. David et Salomon avaient plusieurs épouses. Du temps de Charlemagne même les prêtres pratiquaient la polygamie. Luther et Mélanchton interprétaient le passage XXV 1-12 de Mathieu comme une autorisation de la polygamie : » Dix vierges s’en allèrent, munies de leur lampes, à la rencontre de leur époux ». A Mohammed revient pour le moins le mérite d’avoir limité dans une société essentiellement polygame, le nombre de femmes à 4. Il a surtout essayé de gérer la répudiation, qui était le fléau des sociétés tribales patriarcales. Ou encore de donner par ce biais asile aux veuves et aux orphelins.

 

Nous reprochons également aux musulmans les meurtres perpétrés pour sauvegarder l’honneur des filles et des soeurs. Sans oublier que c’est une tradition méditerranéenne de loin antérieure à l’Islam, aujourd’hui sans doute oublié en Italie, Corse ou Espagne mais encore bien présente à la Renaissance. Ne citons que ce extrait d’un document du temps de François premier : » Les frères d’Isabelle interceptèrent la lettre du gentilhomme, mirent à mort le messager et poignardèrent leur sœur. »

 

Comme dans la société occidentale où le christianisme avait de multiples facettes, de même dans l’Islam il y a des tendances plus joyeuses. Ainsi à Kaboul le quartier de Kharabat était pour les soufis et les mystiques le lieu de la pensée libre, où on brisait les tabous comme autant d’idoles. C’était aussi celui des plaisirs et des enivrements où l’on venait se délasser par la musique, l’alcool et les femmes, où l’on venait contempler le reflet rubis de Dieu dans sa coupe de vin. Le grand poète Hafez, proche des soufis le dit bien :

 

« La bête qui ne boit pas de vin jamais ne sera homme

Dieu accomplit son œuvre, ô cœur réjouis-toi »

 

Et du côté hommes, la barbe des intégristes est une copie conforme de la barbe que devaient porter les chrétiens orientaux pendant des siècles. A Constantinople, vers l’an mil, on refusait de donner la communion à des hommes rasés.

 

Mais reste l’OPA de l’Occident sur toutes les valeurs culturelles : en somme nous disons que nos valeurs occidentales sont universelles et que les autres culturelles doivent copier nos technologies et notre système démocratique. Et l’oppression politique devient humiliante.

 

« La vie d’un Palestinien arabe en Occident est décourageante. Le filet de racisme, de stéréotypes culturels, d’impérialisme politique qui l’entoure est étouffant » (E. Said, professeur à la Columbia University, N.Y.)  Pour les militaires israéliens il y a les bons Arabes (ceux qui font ce qu’on leur dit et qui sont des domestiques) et les mauvais Arabes (qui ne le font pas et sont donc des terroristes).

 

La plupart des préjugés contre les Musulmans et les Arabes datent du 19ème siècle. Renan déclarait publiquement que la race sémitique était inférieure à la race aryenne. Son disciple Gauthier prétendait que l’intelligence restait accrochée aux détails et était incapable d’esprit de synthèse. Les Orientaux sont perçus comme des masses grouillantes, dont nulle individualité, nulle caractéristique personnelle ne se détache. Pour Marx, ce sont des ombres muettes : « Ils ne peuvent se représenter eux-mêmes : ils doivent être représentés (par nous) ». Chez Chateaubriand on trouve la première mention de l’idée que l’Europe doit enseigner à l’Orient ce qu’est la liberté : « La liberté, ils l’ignorent… Et si l’Orient n’est pas évidemment inférieur à l’Occident, il a néanmoins besoin d’être étudié et rectifié par lui ». Georges Bush veut y apporter la démocratie et oublie que le Bengladesh, la Malaisie, l’Indonésie, la Turquie, l’Iran, le Maroc, le Liban, la Palestine sont des démocraties, certainement plus valables que les vassaux américains, l’Arabie Saoudite, le Pakistan et l’Egypte.  Les discours islamophobes de pathétiques hommes politiques et autres tribuns de bistrot font étrangement penser aux discours qui pavèrent la route vers Auschwitz ou encore aux cafés luxembourgeois qui en 1935 arboraient à leur fenêtre une affiche « Judenrein ». Comme le dit Laurent Mignon « Ce sont des propos qui donnent froid au dos. On condamne l’autre à un état de sous-homme et on présente l’islam comme une religion  rétrograde, moyenâgeuse ».[i]

Ces jugements n’en rendent que plus fort le scandale et l’humiliation que vit aujourd’hui la société musulmane, qui se voit dominée par des hordes de militaires dont la culture n’est guère supérieure à celles de Gengis Khan.

 

 

L’amour est ma religion et ma félicité ; mon cœur est un pâturage pour les gazelles et un cloître pour les moines.

Ibn al-Arabi

Pierre Lutgen

Bachelier en philosophie thomiste

lutgenp@gms.lu


[1] International Herald Tribune, May 28, 2007.


[i] Laurent Mignon, Lettres de Turquie, Editions MEMOR, Les Cahiers luxembourgeois

Guantanamo en Angleterre

décembre 12, 2008

Guantanamo à nos portes

Le gouvernement Brown vient de passer une loi anti-terroriste qui permet d’incarcérer un suspect pendant six semaines pour le cuisiner. Il se défend d’attenter aux libertés et explique que l’informatique complique la tâche des enquêteurs : décortiquer l’ordinateur d’un terroriste présumé peut prendre des semaines (sic)

Celui qui cède sa liberté pour gagner en sécurité, n’a droit ni à la liberté ni à la sécurité
Benjamin Franklin

Albert Einstein disait : » Le monde est dangereux à vivre : non pas tant à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui se laissent manipuler et laissent faire ».

Chez aucun des 27 Pakistanais, arrêtés comme présumés terroristes en juillet 2006 à Londres, on n’a trouvé des tickets d’avion, ni des produits chimiques permettant de fabriquer des bombes liquides, leur compte bancaire ne révèle aucun transfert volumineux ou une quelconque filière financière et la plupart d’entre eux n’avaient même pas de passeport. Bush aurait poussé Blair à procéder à ces arrestations précoces, bien que les autorités policières leur avaient dit qu’elles manquaient de preuves. Ils ont entre-temps été relâchés, sans que la presse en fasse grand cas. La campagne médiatico-sécuritaire a rempli sa mission en plein milieu de la guerre du Liban. Mais le montage médiatique a éclaté entrretemps comme une bulle de savon. Selon la BBC, Rashaf Rauf, la tête pensante de l’organisation, a été acquitté par un tribunal au Pakistan, faute de preuves. Deux heures avant son arrestation il avait placé sur internet des commandes pour la pâtisserie de son papa et qu’il viendrait chercher lui-même chez le fournisseur. On chuchote même qu’une autre tête pensante des ces attentats, Harron Aswat, avait fait partie ou faisait encore partie des services secrets britanniques M16.

Al Zarqawi, le super terroriste que les forces militaires américaines disaient avoir tué en Irak,en 2005, donne lieu à de sérieux doutes sur son identité . Serait-ce un épouvantail monté de toutes pièces ? Aucun des habitants de son village d’origine ne le reconnaissait sur la photo du cadavre. De toute façon il avait disparu depuis 5 ans, sans donner de nouvelles, et avait probablement trouvé la mort en Afghanistan.

Les confessions obtenues de Khalid Shaikh Mohammed à Guantanamo début mars 2007 quatre ans après sa capture et qui font de lui l’auteur d’un nombre incroyable d’actes terroristes sont même considérées par la presse américaine comme une farce.

Etrange également que Ben Laden ne se montre jamais en public et communique avec nous uniquement par bandes enregistrées. Enregistrées par qui ? Etrange également qu’il ait été traité dans un hôpital militaire américain dans les Emirats arabes en été 2001, juste avant les attentats du 9/11. Serait-il mort comme l’affirme La Libre Belgique dans son édition du 23 septembre 2006.

Des doutes existent non seulement sur la véracité des dernières alertes terroristes, mais également sur des évènements antérieurs. Les Argentins suspectent fortement aujourd’hui que l’attentat meurtrier contre l’ambassade d’Israël à Buenos Aires en 1992 ait été perpétré par le Mossad. La police écossaise reconnaît que les éléments électroniques trouvés dans l’avion de Lockerbie tombé à Lockerbie ont été placés dans l’avion après la chute de celui-ci pour incriminer la Lybie. Les tueries récentes de pasteurs somaliens dans le Sud de leur pays sous prétexte qu’ils cachaient des terroristes tourne au macabre.

La presse américaine et celle d’Europe à sa suit nous ont fait croire que ce sont des incursions terroristes du Hezbollah en territoire israélien qui ont provoqué la guerre du Liban. La commission du juge Eliyahu Winograd affirme le contraire en février 2008. : » C’est l’armée israélienne qui, fière de sa supériorité technique , a provoqué et initié la guerre du Liban »

L’alerte de 2007 concernant le complot de 5 terroristes islamistes qui auraient voulu faire exploser les réservoirs de kérosène de l’aéroport JFK n’est même plus prise au sérieux par les media. Car c’est techniquement irréaliste. Les parents de 3 de ces 5 terroristes qui habitent à Trinidad et Tobago sont en tout cas fort étonnés que leurs fils puissent être impliqués dans ce canular. Il s’avère que le chef de bande était un petit vendeur de rue au chômage.

La dernière alerte de Londres est encore plus ridicule : une voiture contenant quelques bidons d’essence, deux bonbonnes de gaz et quelques sacs a clous devant un night club. Que de l’essence en feu puisse faire une bombe à fragmentation avec ces clous est impossible, et les bonbonnes à gaz feraient peut-être un grand boum, sans plus. Mais accuser directement AlQuaida, sans preuves, est pour le moins curieux. En tout cas si ce réseau terroriste ne dispose pas d’autres moyens que de voitures piégées avec quelques bidons d’essence et des boites de clous, il est ridiculement mal équipés.

Cette alerte nous a laissé en tout cas des contrôles ridicules à tous les aéroports : enlever sa ceinture et ses bretelles, et transporter son dentifrice dans un sac en plastique. Qui donc gagne de l’argent à ce jeu qui n’a à ce jour permis de détecter aucun terroriste sur des millions de passagers.

Et la Belgique ne pouvait pas non plus être sans terroristes. Elle en coffré une douzaine à la veille de Noël 2007, mais a du les relâcher parce que la police ne trouvait chez eux ni armes ni bombes.

On peut nous raconter les pires des carabistouilles et le peuple les gobe. Comme l’histoire de ce satellite que les Américains ont dû descendre en février 2008 avec une fusée parce qu’il contenait de l’hydrazine. Ce produit est moins dangereux que l’eau de Javel, il est fort inflammable et se serait consumé dans le feu d’artifice du satellite rentrant dans l’atmosphère.

La peur des terroristes est irrationnelle. Depuis septembre aucun Américain n’a été tué par les terroristes du Moyen-Orient, mais 100 000 Américains sont morts dans des meurtres ou assassinats pendant ces années sur leur propre sol et plus d’un million d’Irakiens ont été victimes de la guerre contre le terrorisme

60 % des New-Yorkais demandent que l’on recommence l’enquête du 9/11. De plus en plus d’éléments font croire que les avions ayant heurté les tours de Manhattan étaient téléguidés , que ce n’est pas un avion qui a pénétré dans le Pentagone mais une fusée, que le champ de Pennsylvanie a été labouré par une grosse bombe et non par un avion de ligne. On sait aujourd’hui que l’anthrax contenu dans des lettres envoyées à des sénateurs opposés au Patriot Act en 2002 provenait d’un laboratoire militaire américain et non pas d’Irak, que les lettres avaient écrites par des Américains et non par des Musulmans.

Les assassinats de politiciens au Liban en 2005 et 2006 étaient imputés aux Syriens. Mais l’enquête Mehlis s’est perdue dans le sable et l’on sait aujourd’hui qu’un autre pays voisin du Liban était impliqué. Quel intérêt d’ailleurs aurait eu la Syrie à commettre ces attentats qui la discréditeraient partout dans le monde.

Si tout cela était vrai, ce serait diabolique et nous serions des criminels somnambules qui marchent sur deux béquilles, celle de l’affabulation et celle de la crédulité. Mais jugés éventuellement comme criminels par l’histoire comme l’homme de la rue allemand après la guerre et qui prétendait ne rien savoir. Dans les années 30, les media d’Allemagne, d’Italie, d’Espagne (de Luxembourg et d’Amérique également) ont diabolisé les Juifs et les Bolcheviques. Cette hystérie médiatique a conduit aux 30 000 millions de morts de Russie, aux 6 millions de morts dans les camps de concentration et aux bombes atomiques de Hiroshima et de Nagasaki.

Pierre Lutgen
Hostert

Arcelormittal, IFBV, Senegal

décembre 12, 2008

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lutte contre la malaria : un grand sidérurgiste et une petite ONG se donnent la main.

 

Ce premier juin 2008 ArcelorMittalFoundation et Iwerliewen fir bedreete Volleker(IFBV) ont signé un contrat de collaboration mettant en œuvre au Sénégal  une méthode préventive et une méthode curative contre le fléau de la malaria. La fumigation intérieure des habitations au DDT et la tisane chinoise artemisia annua

 

Arcelor Mittal construira une ligne de chemin de fer au Sénégal pour l’exploitation de mines de fer dans le Sud-Est du pays. Le projet signé avec IFBV doit permettre dans l’immédiat aux ouvriers travaillant sur le chantier de ne pas tomber victimes du paludisme et à plus longue échéance à la population de toute cette région d’améliorer ses conditions de vie.

 

Car contre la malaria il y a remède très efficace : une plante, une mauvaise herbe de la famille des armoises (Beifuss en allemand, Batteralzem en luxembourgeois). Les Chinois connaissent cette plante depuis des millénaires pour son efficacité contre les fièvres. En 1970 des savants confirmèrent que cette plante guérit également de la malaria. Une des substances actives de la plante, un peroxyde appelé artemisinine, a pu être isolée et est utilisée à grande échelle par les sociétés pharmaceutiques pour les pilules ACT (Artemisia Combined Therapy).

 

Des études ont entre-temps montré que sous forme de tisane cette plante est également très efficace contre la malaria et qu’elle agit dix fois plus vite que les remèdes classiques dérivés de la quinine. Après avoir consommé cette tisane de façon régulière pendant 3-5 jours plus de 90% des malades sont guéris. Aucun effet toxique, aucune accoutumance n’a pu être détectée à ce jour, ce qui n’est pas le cas pour certains produits pharmaceutiques.

 

Ce qui est primordial en fait est la facilité avec laquelle ce remède peut être rendu accessible à tout le monde, pauvres et riches. La plante pousse sous tous les climats, dans tous les jardins. Un remède gratuit, une aubaine, pour le continent africain, où deux millions de personnes, surtout des enfants, meurent tous les ans de la malaria et où des centaines de millions de personnes sont affligés de cette maladie tous les ans. Un désastre humain et économique.

 

D’autres partenaires luxembourgeois dans ce projet sont ALASSEM (Association luxembourgeoise d’aide au Sénégal scolaire et médical), le Rotary Luxembourg-Vallées, Co-Labor et le Kraidergaart Winseler pour les essais de plantation. Les plantations luxembourgeoises ont permis de fournir des échantillons de tisane aux centres médicaux locaux pour des essais, mais le but ultime est évidemment que les Africains plantent l’artemisia annua en régie propre. Au Katanga, au Cameroun et au Pérou des associations de culture et de vente de tisane ont été lancés en 2007 avec l’aide de  IFBV. L’ONG travaille également avec les Universités de Medellin, de Campinas-Brésil  et de Louvain pour améliorer les plantes,  mieux les adapter aux différents climats et établir des procédures de préparation de la tisane.

 

Arcelor Mittal Foundation et IFBV soutiennent également une approche préventive qui est essentielle dans cette lutte, le programme DDT-IRS (Indoor Residual Spraying). Depuis 2006 l’OMS recommande fortement cette approche, reconnaissant par là que le DDT est une substance anodine pour la santé humaine. Il exerce une double action contre les moustiques: répulsive, les moustique n’entrent pas dans les maisons et létale, ceux qui se posent sur les murs sont tués. Il suffit de mettre quelques grammes de DDT une à deux fois par année sur les murs. Avec 2 euros on peut protéger toute une famille pendant une année. En Afrique du Sud où un tel programme a été mis en place en 2002, le nombre de décès dus au paludisme  a été réduit de 80%. Le député-maire de Yaoundé VII est venu récemment à Luxembourg pour demander l’aide des experts de IFBV pour mettre en œuvre un tel plan DDT-IRS de 140 000 € financé par le Ministère de la Santé du Cameroun.

 

Le projet ArcelorMittalFoundation-IFBV comprend  en plus un volet de lutte contre les maladies dues aux eaux contaminées. Dans six projets pilotes réalisés par IFBV dans des pays du Sud la méthode SODIS a clairement fait ses preuves. Une bouteille contenant de l’eau contaminée et mise au soleil pendant la journée contient de l’eau stérilisée le soir. Mais les chercheurs de IFBV viennent également de découvrir que la tisane d’artemisia annua a un fort effet ansti-septique et bactéricide, Une tasse de tisane dans un litre d’eau rend cette eau potable.  Quel immense espoir pour les 20 000 enfants africains qui meurent tous les jours de diarrhée ou de cholera.

 Plus de renseignements sous http://www.maladiestropicales.org

Enron, Kyoto, machine à sous

décembre 12, 2008

ENRON et la machine à sous de Kyoto

 

Un juriste employé jadis par la firme Enron vient de publier le livre « Red Hot Lies ». Rappelez-vous cette société qui avait fait faillite au début du règne de Bush. Christopher Horner dans ce livre déballe les dessous sordides de l’affaire. Il avait été engagé par Enron en 1997 et nommé directeur des relations avec le gouvernement fédéral.

Dès son engagement il reçut comme tâche principale de mettre sur pied un traité international contre le réchauffement climatique.  Quand il osait faire remarquer à sa direction qu’un tel plan se basait sur de biens faibles preuves scientifiques mais était plutôt dans l’intérêt de quelques groupes financiers et pétroliers, et qu’il ressemblait à la Prohibition des années 20 où les Baptistes faisaient coalition avec les « bootleggers » de l’alcool, on lui fit remarquer qu’il ferait mieux de se taire et  réussir dans la tâche qu’on lui avait assignée.

Enron était le propriétaire et l’opérateur d’un réseau de gazoducs et voulait éliminer la concurrence basée sur le charbon. Le tout se baserait sur un système de crédits et de pénalités sur les émissions annuelles de CO2. Enron serait au centre d’un commerce de droits et de certificats d’émission. Le premier consultant recruté fut James Hansen de la NASA. Celui-ci avait lancé la phobie du réchauffement climatique en 1988 avec une déclaration grandiloquente devant le Congrès américain. Il a d’ailleurs récidivé cette année par d’autres déclarations apocalyptiques sur le réchauffement global, quitte à falsifier les mesures des satellites des dernières dix années, parce  que celles-ci indiquent plutôt un refroidissement global. Une autre recrue de la première heure fut Al Gore. Devenu vice-président des Etats-Unis celui-ci était un atout majeur dans cette combine. Les philanthropes d’Enron dépensèrent sans compter pour acheter le bon vouloir d’autres politiciens et consacrèrent presque 1.5 millions de dollars à la fin des années 90 pour soutenir des groupes environnementaux qui soutenaient leur programme. C’était un investissement qui promettait des retombées juteuses. Confiant dans sa stratégie après la signature du protocole de Kyoto, Enron rachetait  la plus grande compagnie d’énergie éolienne, GE Wind, à General Electric et devenait co-propriétaire avec Amoco-British Petroleum  de la plus grande compagnie d’énergie solaire du monde.

Mais avec l’élection de Bush le château de cartes s’écroula et Enron fit faillite. Non pas tellement à cause de l’intelligence en climatologie de Bush, mais surtout à cause de l’action du lobby des charbonnages et d’autres hommes d’affaires ou sénateurs qui s’étaient rendus compte de cette colossale arnaque de Enron.

Mais une idée géniale comme celle des certificats d’émission de CO2 dits de Kyoto ne pouvait mourir. Elle permettait à des milliers d’experts de faire du tourisme gratuit entre Rio et Kyoto, Bali et Poznan. Al Gore connaissait très bien le dossier et il faut constater avec admiration qu’il a réussi à imposer à la plupart de nos politiciens, banquiers et professeurs d’enseignement secondaire une magouille colossale dont riront nos petits enfants. Espérons que les années 2007 et 2008, qui font plutôt penser à l’approche d’une nouvelle période glaciaire, fassent que nos ministres consacrent notre argent à autre chose qu’au remplissage des poches de marchands en indulgences et en certificats de bonne conduite.

 

Pierre Lutgen

Hostert

lutgenp@gms.lu

 

Enron, Kioto, chanchullo

décembre 12, 2008

Enron y la Máquina detrás de Kioto


Un abogado antiguamente en la firma Enron, acaba de publicar el libro, “Mentiras Calientes” (Red Hot Lies). Recuerde usted que esta sociedad quebró fraudulentamente durante la primera parte del reinado de Bush. En su libro Christopher Horner revela los detalles sórdidos del asunto. Había sido contratado por Enron en 1007 y nombrado director de relaciones con el gobierno federal.

Desde su nombramiento recibió como misión principal de poner en pie a un tratado internacional contra el calentamiento climático. Cuando osó hacerle notar a sus directores que un plan de esa naturaleza se basaba en pruebas científicas muy débiles pero que eran más de interés de algunos grupos financieros y petroleros, y que se parecía a la Prohibición de los años 20 donde los Bautistas hicieron coalición con los contrabandistas de alcohol, le hicieron notar que sería mejor que mirase hacia otro lado y comenzara a trabajar en la tarea encomendada.

Enron era la propietaria y la operadora de una red de gasoductos y quería eliminar la competencia del carbón. Todo se basaría en un sistema de créditos y penalidades sobre las emisiones anuales de CO2. Enron estaría entonces en el centro de un comercio de derechos y de certificados de emisión. El primer consultor reclutado fue James Hansen de la NASA. Había sido él quine lanzara la fobia del calentamiento global en 1988 en una declaración grandilocuente ante el Congreso americano.

Por otra parte reincidió este año con otras declaraciones apocalípticas sobre el calentamiento global, des-pués de falsificar las mediciones de los satélites de los últimos diez años porque indicaban un enfriamiento global. Otro recluta de la primera hora fue Al Gore. Devenido vicepresidente de los Estados Unidos donde fue un actor principal en esta combinación. Los filántropos en Enron gastaron sin remilgos para comprar la buena voluntad de otros políticos y consagraron casi $1,5 millones de dólares hacia fines de los años 90 para mantener a grupos ecologistas que apoyaran a su programa.

Era una inversión que prometía jugosos dividendos. Confiados en su estrategia después de la firma del Protocolo de Kioto, Enron le compró a General Electric la compañía más grande de energía solar del mundo, GE Wind, y se convirtió en co-propietaria, junto con Amoco-British Petroleum, de la compañía de energía solar más grande del mundo.

Pero, con la elección de Bush, el castillo de naipes se derrumba y Enron quiebra. No a causa del conoci-miento en climatología de Bush sino a causa de la acción del lobby de los carboneros y de otros hombres de negocios y senadores que se dieron cuenta de la colosal estafa de Enron.

Pero una idea genial como la de los certificados de emisión de CO2 de Kioto no podía morir. Ello permitiría que miles de expertos hicieran turismo gratis entre Río, Kioto y Buenos Aires, Bali y Poznan. Al Gore conocía muy bien el legajo y es necesario reconocer con admiración que tuvo éxito de imponer a la mayor parte de nuestros políticos, banqueros y profesores de enseñanza secundaria un chanchullo colosal del que se reirán nuestros nietos. Esperamos que los años 2007 y 2008, que hacen pensar a muchos el advenimiento de un nuevo período glacial, debería hacer que nuestros ministros consagren nuestro dinero a otra cosa que no sea llenar los bolsillos de los mercaderes de indulgencias y de certificados de buena conducta.

lutgenp@gms.lu
Pierre Lutgen.
Dr. En Química
Luxemburgo

Grand-Duc, euthanasie et massacres

décembre 7, 2008

Les milieux soi disant chrétiens ont de tout temps été d’une incohérence colossale devant le respect de la vie. L’ Ancien Testament est une suite de villes rasées où la population a été massacrée par les Hebreux. Les princes chrétiens, catholiques et protestants , ont toléré le massacre des Indiens en Amerique du Nord et du Sud. Les Papes, les Evêques, surtout au siècle passé, ont béni les armées, l’eugenisme et ont gardé le silence sur les camps de concentration en Allemagne, en Amérique, en France, en Espagne…et aujourd’hui en Palestine. La peine de mort était acceptée et est encore acceptée par les autorités ecclesiastiques. L’ Inquistion a mis des milliers de personnes d’opinion différente sur le bûcher. Les rois chrétiens, ducs et grand ducs, y inclus notre Jean l’Aveugle, se délectaient dans des bains de sang sur les champs de bataille ou dans le massacre des Infidèles, femmes et enfants inclus. Nous n’avons pas besoin d’entretenir un Grand Duc qui réagit comme un prince du siècle passé.

 

Pierre Lutgen