Enron, Kyoto, machine à sous

ENRON et la machine à sous de Kyoto

 

Un juriste employé jadis par la firme Enron vient de publier le livre « Red Hot Lies ». Rappelez-vous cette société qui avait fait faillite au début du règne de Bush. Christopher Horner dans ce livre déballe les dessous sordides de l’affaire. Il avait été engagé par Enron en 1997 et nommé directeur des relations avec le gouvernement fédéral.

Dès son engagement il reçut comme tâche principale de mettre sur pied un traité international contre le réchauffement climatique.  Quand il osait faire remarquer à sa direction qu’un tel plan se basait sur de biens faibles preuves scientifiques mais était plutôt dans l’intérêt de quelques groupes financiers et pétroliers, et qu’il ressemblait à la Prohibition des années 20 où les Baptistes faisaient coalition avec les « bootleggers » de l’alcool, on lui fit remarquer qu’il ferait mieux de se taire et  réussir dans la tâche qu’on lui avait assignée.

Enron était le propriétaire et l’opérateur d’un réseau de gazoducs et voulait éliminer la concurrence basée sur le charbon. Le tout se baserait sur un système de crédits et de pénalités sur les émissions annuelles de CO2. Enron serait au centre d’un commerce de droits et de certificats d’émission. Le premier consultant recruté fut James Hansen de la NASA. Celui-ci avait lancé la phobie du réchauffement climatique en 1988 avec une déclaration grandiloquente devant le Congrès américain. Il a d’ailleurs récidivé cette année par d’autres déclarations apocalyptiques sur le réchauffement global, quitte à falsifier les mesures des satellites des dernières dix années, parce  que celles-ci indiquent plutôt un refroidissement global. Une autre recrue de la première heure fut Al Gore. Devenu vice-président des Etats-Unis celui-ci était un atout majeur dans cette combine. Les philanthropes d’Enron dépensèrent sans compter pour acheter le bon vouloir d’autres politiciens et consacrèrent presque 1.5 millions de dollars à la fin des années 90 pour soutenir des groupes environnementaux qui soutenaient leur programme. C’était un investissement qui promettait des retombées juteuses. Confiant dans sa stratégie après la signature du protocole de Kyoto, Enron rachetait  la plus grande compagnie d’énergie éolienne, GE Wind, à General Electric et devenait co-propriétaire avec Amoco-British Petroleum  de la plus grande compagnie d’énergie solaire du monde.

Mais avec l’élection de Bush le château de cartes s’écroula et Enron fit faillite. Non pas tellement à cause de l’intelligence en climatologie de Bush, mais surtout à cause de l’action du lobby des charbonnages et d’autres hommes d’affaires ou sénateurs qui s’étaient rendus compte de cette colossale arnaque de Enron.

Mais une idée géniale comme celle des certificats d’émission de CO2 dits de Kyoto ne pouvait mourir. Elle permettait à des milliers d’experts de faire du tourisme gratuit entre Rio et Kyoto, Bali et Poznan. Al Gore connaissait très bien le dossier et il faut constater avec admiration qu’il a réussi à imposer à la plupart de nos politiciens, banquiers et professeurs d’enseignement secondaire une magouille colossale dont riront nos petits enfants. Espérons que les années 2007 et 2008, qui font plutôt penser à l’approche d’une nouvelle période glaciaire, fassent que nos ministres consacrent notre argent à autre chose qu’au remplissage des poches de marchands en indulgences et en certificats de bonne conduite.

 

Pierre Lutgen

Hostert

lutgenp@gms.lu

 


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