DDT développement Afrique

Qui est responsable du sous-développement en Afrique :

eux ou nous ?

Dans son rapport de 1956 l’OMS disait : le paludisme exerce de graves répercussions sur le développement économique, le commerce et l’industrie. Il a de graves répercussions sur l’agriculture ; des terres précédemment cultivées dans des régions fertiles ont dues être abandonnées. Il freine le développement physique et mental ; des enfants ne fréquentent pas l’école parce qu’ils sont malades ou doivent remplacer leurs parents dans les champs. Il tue deux millions d’enfants par année.

Dans son rapport de 2008 l’OMS confesse que la situation reste aussi catastrophique en Afrique

Après la deuxième guerre mondiale l’OMS et l’UNICEF  avaient estimé que l’emploi du DDT contre les moustiques pourrait fournir l’instrument principal de la lutte contre le paludisme, parce que le plus efficace, le plus économique et le plus facile à mettre en œuvre à grande échelle. Il avait rendu d’énormes services à l’armée américaine contre le typhus en Europe et la malaria dans le Pacifique Un réseau d’experts, d’équipes de démonstration et de techniciens fut mis en place dans une trentaine de pays pour donner des avis techniques complémentaires par correspondance. La malaria fut éradiquée en France, en Espagne, en Finlande, en Italie, ä Zanzibar, à Taiwan, en Inde, en Floride, à Cuba, en Angleterre, en Hollande, au Canada, en Australie

L’éradication définitive du paludisme dans tous les pays du monde devenait un rêve réalisable. Il resterait des moustiques mais ils n’étaient plus vecteurs de la malaria

Mais on avait totalement oublié l’Afrique  Sur les trente pays participant à la conférence de l’OMS à Athènes en 1956 aucun n’était Africain. On se réfugiait derrière l’argument que l’on ne pouvait pas appliquer l’aspersion intra-domicilaire de DDT en Afrique parce que ces pays manquaient de cadres techniques

A la même époque, l’ancien administrateur de l’Agence de Protection de l’Environnement (EPA-US), William Ruckelshaus, a interdit ce pesticide en 1972 malgré les nombreuses preuves scientifiques que le DDT n’était pas responsable des oiseaux morts, de la minceur des coquilles d’œufs, ou de dommages aux humains. Comme il l’a dit plus tard, « Je n’ai pas interdit le DDT à cause de la science. C’était une décision politique . D’autres pays tels que l’Inde produisaient le DDT à un prix plus bas et les Etats-Unis n’en exportaient plus. On a remplacé le DDT par des pesticides plus chers mais plus dangereux. Michael Crichton, l’auteur de Jurassic Park (et docteur en biologie moléculaire) a dit que « l’interdiction du DDT est un des épisodes les plus honteux dans l’histoire du vingtième siècle. Nous savions, et nous l’avons quand même fait, et nous laissons mourir les gens tout autour du monde, et nous nous en fichons. »

La conséquence est horrible et totalement prévisible. Des centaines de milliers d’enfants et de parents mourant chaque année vivraient, si leurs pays pouvaient utiliser le DDT -le vaporisant en petites quantités sur les murs des foyers, une ou deux fois par an, lors de programmes soigneusement conduits de « vaporisation intérieure résiduelle ». L’OMS recommande cette approche depuis le 16 septembre 2006. Mais l’UE impose des normes de concentration tellement basses pour les pesticides sur les produits agricoles des pays africains que ceux-ci ont peur de perdre le marché. La phobie de certains politiciens ou fonctionnaires devant les lobbies verts a plus d’importance que la vie des enfants africains.

Les victimes de la malaria ne seront pas sauvées par des moustiquaires, des pilules inefficaces, de la moralisation éco-impérialiste ou de vagues promesses de « médicaments miracles » qui pourraient être « à leur portée » -dans peut-être 15 ou 20 ans, une fois que 30 millions de personnes supplémentaires seront mortes. Elles ont besoin du DDT, et elles en ont besoin maintenant. Des millions de vies sont en jeu. Avec 1 euro par personne on peut sauver la vie d’un enfant, alors que les pilules ou les moustiquaires coûtent 30 euro.

La malaria est la cause principale de la pauvreté en Afrique. Son éradication rendrait inutiles les milliards d’euro que nous versons tous les ans sur ce continent pour nous donner bonne conscience mais qui corrompent peut-être plus qu’ils ne guérissent.

Pierre Lutgen,

lutgenp@gms.lu


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