Archive for mars 2010

neem luxembourg senegal

mars 13, 2010

 

Le Neem, insecticide biologique pour les jardins sénégalais et luxembourgeois

 

De grandes quantités d’insecticides sont utilisées dans les pays du Sud en agriculture et dans la lutte contre les vecteurs des maladies tropicales.Les exportations en 2006 de pesticides vers les pays ACP étaient de € 2 744 513 092 en valeur et 617 765  en Tonnes[1]. En 2007, les exportations, étaient de € 3 284 358 391 en valeur et 705 752 en Tonnes..

Beaucoup de  ces produits chimiques, tels que les organosphosphates, les pyréthrinoïdes ou les carbamates ont un impact non négligeable sur la santé humaine et l’environnement.

D’autres qui se prétendent biologiques tels que les pyréthrinoïdes sont en réalités des produits de fabrication chimique de la famille du pyrèthre, extrait à l’origine d’une plante africaine.

Ils sont utilisés à grande échelle en Afrique dans la lutte contre les anophèles vecteurs de la malaria, ont au cours des années développé de fortes résistances chez ces vecteurs. Utilisés en fumigation intérieure des habitations ou encore dans l’imprégnation des moustiquaires ils ont perdu en grande partie leur efficacité.

De plus en plus les horticulteurs biologiques utilisent comme insecticide l’huile de Neem, qui contient comme principe actif l’azadirachtine ainsi que d’autres produits nocifs pour les insectes. Son utilisation est permise en Europe par les directives CE. 

Arbre « miracle », « universel », « aux milles vertus », originaire d’Asie du Sud-Est, le Neem  est utilisé depuis des milliers d’années, notamment en Inde, pour ses extraordinaires propriétés insecticides, médicinales et cosmétiques. Voilà déjà plus de 5000 ans que la pharmacopée indienne se sert de ses graines , écorce et feuilles et que les textes indiquent des dizaines de recettes et de prescriptions traditionnelles thérapeutique, insecticides, antivirales etc.).. En Inde le Neem est appelé        « celui qui peut guérir toutes les affections », on le nomme encore aujourd’hui « la pharmacie du village » car tout est bon en lui : feuilles, fruits, écorce, graines, racines. Son efficacité n’est plus à prouver : contre les maladies virales,           (herpès, DNA polymérase du virus de l’hépatite B) contre le paludisme, les maladies respiratoires, dans le cas de dysenterie, de troubles digestifs, maladies de peau, comme savon et dentifrice.

Le NEEM : un merveilleux insecticide 100% naturel, inoffensif pour l’homme et les animaux, actif contre plus de 200 insectes (même les acridiens : sauterelles etc.…), les acariens, nématodes, les champignons et les bactéries.Ses principes actifs (azadirachtine etc.…) agissent en produisant des troubles dans l’alimentation de l’insecte et intervenant sur son cycle hormonal, provoquant des malformations dans le processus de mue, empêchant son développement normal et sa croissance.

En plus, l’huile de Neem diluée à 2% dans l’huile de Coco et mise sur les parties exposées du corps montre d’excellentes propriétés répulsives contre les moustiques. Brûlée à 1 % dans des lampes à kérosène elle évite l’entrée des moustiques dans les habitations durant la nuit

Par ailleurs, le Neem est très efficace contre le paludisme, réduit non seulement la concentration du plasmodium dans le sang, mais également des gamétocytes, inhibant ainsi la transmission de l’homme au moustique.

Dans nos pays, l’huile de Neem entre dans de nombreux produits cosmétiques, et on la retrouve dans la plupart des dentrifrices.

L’idée fondatrice du projet est de contribuer au développement local des communautés de jeunes et de femmes grâce à la valorisation de produits issus du « Neem » et de l’horticulture.

Le projet favorisera la reforestation de zones semi-arides avec une espèce utile et participera par ce biais à la fixation du carbone, à la stabilisation du climat et la lutte contre la désertification.

Pour ce projet IFBV travaillera en collaboration avec la Chambre d’Agriculture, Co-Labor, le Kraidergaart de Winseler, le Lycée Technique Agricole (Isabelle Jacobs),  la Maison de l’Eau de Attert et les municipalités affiliées.

Nous travaillons également avec des partenaires belges (ACPhytoconsult, Maisha) et français (ASP)..

Le Laboratoire Biologie Moléculaire et Chimie du Cancer du Kirchberg (Dr Marc Diederich) suivra le projet pour les aspects santé.

Pour plus de renseignements : lutgenp@gms.lu


[1] Tamba I : étude de la filière horticole ACP, 2007.

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guantanamo texas 1942

mars 13, 2010

Guantanamo, Texas, 1942.

Nous nous rappelons tous de la chasse aux communistes sur le continent américain du temps de McCarthy, mais pour la plupart d’entre nous le drame vécu par les communautés allemandes des pays latino-américains nous est quasi inconnu. 4 058 Allemands avaient étés internés dans des camps de concentration au Texas, jusqu’en 1945.

Avant la seconde guerre mondiale il y a avait bien sûr quelques agitateurs nazis dans les pays du sub-continent, mais la majorité des Allemands étaient des immigrés de longue date qui se sentaient plus proches de leurs compatriotes hispaniques que des habitants de la Poméranie ou de la Bavière. Dans les années 1930 s’ajoutaient à cette communauté allemande les nombreux juifs qui fuyaient le régime nazi.

On ne sait pas exactement pour quelles raisons un vent de panique mit en alerte les Etats-Unis : certains de ces Allemands d’Amérique du Sud constitueraient   une cinquième colonne chargée de saboter les installations du canal de Panama et d’attaquer les Etats-Unis  par le Sud.

Est-ce que Franklin Roosevelt croyait réellement qu’il  y avait des terrains d’atterrissage cachés en Colombie construits par les Allemands, ou utilisait-il cette désinformation comme d’autres du genre pour convaincre ses compatriotes d’entrer en guerre, un peu comme Bush le faisait avec les armes secrètes de Saddam Hussein ? Une autre rumeur qui circulait était que les Allemands avaient importé en Colombie des chars d’assaut déguisés en tracteurs. Le FBI publiait des informations des plus insensées. En Bolivie il y aurait une troupe de choc de 12000 Allemands. En fait ce pays comptait 112 000 Allemands, mais 8 500 d’entre eux étaient des réfugiés juifs, 3500 des Boliviens de souche allemande, et de fait parmi ceux-ci 184 étaient inscrits au parti nazi.  On pense fatalement aux armes secrètes de Sadam, aux  nombreuses troupes de choc dont Al Quaida  disposerait dans de nombreux pays ou aux terroristes présumés internés à Guantanamo ou ailleurs sur simple dénonciation.

Au début, c’est-à-dire à la fin des années 30 l’immense majorité des pays latino-américains étaient farouchement opposés à l’extradition de leurs concitoyens allemands et à ces intrusions de l’oncle Sam.  Les immigrés allemands étaient bien vus parce qu’ils étaient travailleurs et bien intégrés et sans ce complexe de supériorité qui  rendait les gringos insupportables. Mais la pression mise par les Américains fut énorme. Dans une première étape les produits en provenance d’entreprises allemandes ne pouvaient plus être importés aux Etats-Unis, et dans une seconde étape ceux des entreprises latino-américaines ayant des relations d’affaires avec les premières. Certains gouvernements et certains secteurs industriels d’Amérique latine voyaient également intérêt à dénoncer leurs concurrents allemands comme suspects pour pouvoir ainsi  s’accaparer de leurs biens.

Et c’est ainsi qu’en 1942 se trouvaient internés  dans des campas au Texas plus de 4000 Allemands, dont, ironie du sort,  plus du tiers étaient des juifs.

Hitler avait bien offert d’échanger des milliers de juifs d’Allemagne contre quelques centaines d’internés du camp texan. Mais les Américains refusaient. Ils étaient convaincus, et même Roosevelt l’était,  que parmi les Juifs émigrés en Amérique latine et parmi ceux qu’on allait leur envoyer se trouvaient des Bolsheviks ou pis encore, des éléments de la cinquième colonne.  Un Argentin ironisait, disant que le plus grand danger pour les Etats-Unis était, non pas la cinquième colonne, mais la sixième colonne de ceux qui croyaient en son existence.

La chasse aux Nazis qui avait empoisonné les relations entre l’Amérique du Sud et les Etats-Unis continuait après la guerre, mais avec d’autres victimes.  Tous les progressistes et socialistes latino-américains devenaient des victimes de la chasse aux sorcières de MacCarthy, chasse qui culminait dans le coup d’Etat au Chili et les milliers de Chiliens internés et torturés dans d’autres camps. Les Somoza et les Pinochet de la région devenaient des serviteurs dociles dans cette chasse aux sorcières, comme ils l’avaient été auparavant contre les Allemands.

Pierre Lutgen

Hostert

pachauri

mars 13, 2010

Dr Pachauri, businessman et prophète.

Il y a des hommes étonnants, qui à côté de leurs nombreuses activités professionnelles arrivent  à se dédier  corps et âme à des activités humanitaires. Ils forcent notre admiration. Avec plus de panache que d’autres qui en notre petit pays essayent également de combiner des activités humanitaires avec un engagement sans faille contre les changements climatiques de toute sorte.

Président du GIEC (IPCC), le Dr R Pachauri a depuis 1981comme activité professionnelle principale la direction du Tata Energy Research Institute ou TERI.

En 1992 il est également devenu Président de l’Asian Energy Institute.

Depuis 1997 il est membre du FEOP (Far East Oil Price) Advisory Board à Singapour.

Jusqu’en 2003 il était directeur de la NTPC (National Thermal Power Corporation) de l’Inde. Il avait  jusqu’à cette date également été directeur de  la  Indian Oil Corporation. De 2003 à 2004 il était directeur de Gail India LtD (gaséoducs).

En 2007 il était devenu membre du Senior Advisory Board of Sideran Ventures de San Francisco, auquel il est supposé permettre l’accès à des informations sur les développements industriels lucratifs.

En 2008 Dr Pachauri était devenu membre du Conseil d’Administration de la Banque Glitnir en Islande et était en charge des investissements  écologiques.

En juin 2008 il devint membre du Conseil d’Adminstration du Credit Suisse Research Institute.

Egalement en 2008 conseiller de la Rockefeller Foundation aux Etats-Unis.

Et en mai de la même année élu au Conseil d’Administration du International Risk Governance Council à Genève, chargé des bio-énergies.

Egalement en mai 2008 nommé au Conseil d’Administration de la Asian Development Bank et nommé membre du Climate Change Advisory Board de la Deutsche Bank

Ce fonctionnaire engagé est également consultant pour les investissements stratégiques the Pegasus Capital Advisors depuis février 2009.

Il est membre de l’International Solar Energy Society, le World Ressources Institute et du World Energy Council.

En mars 2009, Dr Pachauri accepta le poste de directeur  du Yale Climate and Energy Insitute (YCEI).

Il faut se rappeler qu’en 2005 il avait créé sa propre société GloriOil Ltd à  Houston au Texas. Celle-ci génère maintenant des revenus annuels de 3 à 5 millions de dollars.

Admirable homme plein d’énergies et d’opportunismes qui arrive encore à sauver la planète.

Pierre Lutgen

Hostert

café et charité, fairtrade et bio

mars 13, 2010

Café et charité : un mauvais mélange

Le café est la deuxième matière première sur le marché mondial après le pétrole. Il est la boisson la plus populaire de la planète et donne de l’emploi à 20 millions de personnes.

 

Nous avons passé quelques jours dans les collines de Colombie, parsemée de petites exploitations familiales de planteurs de café. Et avons pu à loisir discuter avec eux.

Tous savent que c’est la qualité du café qui garantit le prix et une place de choix  sur le marché mondial. Les graines de première qualité peuvent se vendre dix fois plus cher.. La grande coopérative colombienne à laquelle la plupart d’entre eux sont affiliés depuis des générations insiste fortement sur cet aspect de qualité et refuse d’acheter les graines de bas de gamme. Depuis quelques années le marché est cependant perturbé par des privés qui se mettent en concurrence avec leur coopérative. Et comme ceux-ci veulent absolument gagner une part de marché ils achètent les résidus de bas de gamme. Les producteurs voient avec des sentiments partagés cette évolution : bien sûr, ils arrivent ainsi à écouler toute leur production, mais ils savent qu’à la longue ceci nuira à la réputation du café colombien sur le marché mondial.

La coopérative leur fournit  une assistance technique et sociale, des cours de formation, des infrastructures de transport et de traitement (construisant même des routes), l’amélioration de l’outil de travail, des techniques de lutte biologique contre les maladies des plants de café. Elle poursuit agressivement la promotion du café colombien de qualité. Le nombre de points de vente « Juan Valdez » de café de première qualité sous forme d’expressi a été augmenté  de 150 % entre 2005 et 2006.

Les privés, même ceux qui se réclament du commerce équitable, profitent un peu comme des parasites de ces infrastructures existantes. Et parfois ils ne payent pas leur facture. Ainsi certains petits fermiers du Cauca (Sud de la Colombie) regroupés dans COSURCA attendaient en vain un payement de 168 000 US$ pour plusieurs conteneurs de café par l’importateur Certified International B.V.des Pays-Bas qui lui-même fournit les distributeurs « équitables » Fair Trade et Alter Products (Suisse). Les négociations continuent par l’entremise de FLO CERT et portent sur les critères de qualité biologique du produit, mais à ce jour sans résultat. Les petits fermiers sont ruinés. Les seuls à les soutenir sont les voisins équatoriens. Gonzalo Merchan, directeur de la Fundación Rantinpak leur écrit :

« Ce retard de payement de dettes met en péril des milliers de citoyens colombiens qui vivent dans une situation de guerre et de pauvreté. L’utilisation du label Fair Trade  par de grandes surfaces du Nord ne vise qu’à exploiter les producteurs du Sud. Ce n’est qu’une forme de publicité pour se créer une image d’entreprise solidaire dont le seul but est économique.

Le commerce équitable a remplacé la charité chrétienne. »

Aux Pays-Bas le marché des produits équitables ou bio soulève de plus en plus de questions. Une enquête faite par Fairfood montre que les importateurs de produits biologiques en provenance du Tiers-Monde ne s’intéressent qu’aux effets négatifs pour la faune et la flore, mais très peu pour les conditions sociales des producteurs. Des centaines de produits « bio » sont produits par des enfants (De Volkskrant, 18 juli 2007) L’association qui délivre le label EKO-keurmerk se justifie en disant que le législateur n’exige pas ce contrôle sur le respect des conventions de l’OIT pour les produits « bio ». Il en est d’ailleurs de même pour les produits « bio » importés des colonies israéliennes dans les territoires palestiniens. Le rapport de l’OIT de 2006 fustigeait des violations flagrantes des droits humains. Les ouvriers palestiniens travaillent dans des conditions de semi-esclavage dans les fermes bio israéliennes.

Sur le site de Max Havelaar on peut lire que le supplément de revenu pour les producteurs par rapport au commerce traditionnel s’élève à 50 millions d’euros en 2004. Ce surplus se répartit sur 1 million de producteurs dans 49 pays du Sud. Soit 50 euro par an pour une famille, ou 15 cent par jour. Beaucoup de bruit pour rien, dit Christian Jacquiau dans son livre «  Les coulisses du commerce équitable ».  La même année Max Havelaar a reçu des autorités françaises des subsides de 1,7 million d’euros au total , pour éponger un trou de trésorerie énorme. Les seuls qui semblent réellement profiter de tout ce négoce, ce sont ceux qui délivrent les certificats de culture biologique, pour ainsi tranquilliser les consommateurs de nos pays riches craignant surtout  pour leur propre santé.

Dans les entrepôts d’Amérique centrale, le café bio ne fait plus recette, révélait la revue américaine The Christian Science Monitor dans son édition de décembre 2009. « Cela a beau être l’un des meilleurs cafés du monde, les torréfacteurs n’en veulent plus » explique Gerardo de Léon, le directeur de la plus grande coopérative guatémaltèque qui regroupe 20.000 exploitants. « Je reçois tous les jours des appels d’acheteurs des Etats-Unis qui me demandent si j’ai du bio à vendre. Je leur annonce mon prix : 1,4 euro le demi-kilo… [pour du café vert non brûlé]. Et le café ne quitte pas l’entrepôt », poursuit le directeur. Certes, les quelques centaines de tonnes de café bio qui dorment dans des entrepôts du Guatemala finiront par trouver des acheteurs, mais au prix du café ordinaire.

Ainsi, du Mexique jusqu’au Costa Rica, au moins 10 % des cultivateurs sont revenus à la culture traditionnelle, qui atteint sans difficultés 880 kg à l’hectare contre moins de 520 kg en bio. Il y a une décennie, lorsque les cours du café s’étaient effondrés, des dizaines de milliers de cultivateurs latino-américains ont été encouragé par certaines ONG à se lancer dans les produits certifiés bio, qui rapportaient alors jusqu’à 40 % de plus que les produits similaires traditionnels. « Dans la mesure où les prix du café sont repartis à la hausse après la baisse des cours au milieu des années 1990, les producteurs n’ont guère de raisons financières de continuer à cultiver des graines bio », note la journaliste.

N’empêche que le commerce équitable a le mérite d’avoir attiré notre attention sur les petits producteurs pauvres et leurs problèmes. Mais aujourd’hui ceux-ci ont leur ordinateur portable et connaissent le prix journalier du café sur la bourse de café de New-York.

Marc Biver