artemisia annua flavonoids polyphenols

 

Les polyphénols de l’artemisia annua

Des analyses récentes faites au LNS de Luxembourg, des informations collectées lors du congrès ICEI de Rome ce 23 avril 2010, les travaux de Pedro Melillo et Jorge Ferreira  et également la récente visite chez Celabor à Verviers confirment  l’hypothèse que les anti-oxydants jouent un rôle majeur dans les vertus thérapeutiques de l‘artemisia annua. Ci-dessous quelques extraits d’articles qui vont dans ce sens :

Malaria infection generates abnormally large quantities of ROS (reactive oxygen species). Antioxidants are scavengers of ROS. There was significant increase of the antioxidants bilirubin and uric acid in malaria patients.  EB Kouam et al., Pakistan J of Biol sci. 11(12) 1646, 2008.

Quercetin is present in artemisia annua. Prevents lipid peroxidation. Reduces inflammation (especially in chronic prostatitis) by scavenging free radicals. A Bentz  J Young Investigators 19, 22, 2010.

The antioxidants Vitamins E and C decreased significantly in malaria patients …. The plasma of malaria patients is suspected to contain pro-oxidants. ROS can cause damage to malaria parasite as well as to non parasitized erythrocytes. Excess H2O2 could also result in breakdown of heme and release of free iron ions, which in turn  form OH°. Prasannachandra et al Indian J of Clinical Biochem, 2006, 21 -2, 103-106

The antioxidant status of four medicinal plants traditionally used in the treatment of malaria in the treatment of malaria in Nigeria were investigated. The free radical scavenging activities of these plants probably contribute to the effectiveness of the above plants in malaria therapy. GA Ayoola et al., Trop J of Pharmac. Res 2008, 7(3), 1019.

The rupture of infected erythrocytes triggers an inflammatory response. Secretion of inflammatory cytokines is considered a major cause of malaria pathogenesis.  The formation of uric acid triggers the cytokine tumor necrosis factor (TNF). Uric acid is considered a “danger signal” released by dying cells to alert the immune system. J Orengo et al., 2008, Plos Pathog 4(3)

Certain common dietary flavonoids inhibit the intraerythrocytic growth of P falciparum. In several studies chloroquine resistant strains were more susceptible to growth inhibition. A Lehane et al. BMC Research notes, 2008, 1-26.

Plasmodium falciparum growth is arrested by 1,8-cineole. V Su et al., Flavour and Fragrance Journal, 2008,23, 315.

Terpenes arrest parasite development in plasmodium falciparum. Their range of action might override the appearance of resistance mechanism in P falciparum. H Goulart et al, Antimirobial agents and Chemotherapy, 2004, 48, 2502.

Les essais cliniques réalisés en 2009 (Agostinho, Fouda, Chougouo) ont montré une efficacité très élévée pour la tisane avec des taux de recrudescence entre 0 et 6 % seulement, alors que pour les ACT l’échec thérapeutique atteint en moyenne 20% et même 30% pour l’artesunate en monothérapie (W Ittarat et al., Am J Trop Med Hyg 68, 2003, 147-152)

Les discussions sur ce sujet avec Pedro Melillo de Magalhaes ont fait qu’il m’a envoyé l’article tout récent de Jorge Ferreira et al.,«  Flavonoids from Artemisia annua as antioxidants and their potential synergism with artemisia against malaria and cancer, Molecules 2010 15, 3135-3170. »

Celui-ci confirme bien certaines de ces hypothèses. Les flavonoïdes de artemisia annua suppriment les enzymes CYP450 qui inhibent l’absorption intestinale de l’artemisinine.  Et si on enlève les flavonoïdes de la tisane (séchage à température élevée) ou encore si on administre l’artemisinine sous forme de pilules en monothérapie elle a non seulement difficile à passer la paroi intestinale mais est détruite par les CYP dans le plasma.

On peut même avancer l’hypothèse qu’il vaut mieux utiliser une tisane à faible contenu en artemisinine, juste suffisant pour induire un stress oxydatif qui pousse le système de défense de l’organisme dans un état plus actif pour mobiliser et favoriser l’action des antioxydants. Le rôle primordial que nous et a d’autres avons accordé à la réaction de Fenton provoquée par l’endoperoxyde semble donc remis en question.

Et nous sommes de plus en plus convaincus que notre tisane est une polythérapie beaucoup plus efficace que la combinaison de l’artemisinine avec des molécules industrielles.

C’est un terrain de recherche quasi vierge. En entrant les mots clefs » artemisinin and malaria » J. Ferreira a trouvé 1 226 articles, mais avec les mots « artemisia annua flavonoids and malaria » seulement 2 articles !!.

 

Pierre Lutgen   lutgenp@gms.lu

2 mai 2010.


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